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Le président syrien à Berlin pour des pourparlers sur l’après-guerre

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_**L’ancien chef rebelle Ahmed al-Chareh effectue une visite officielle en Allemagne, centrée sur la reconstruction de son pays et la question du retour des réfugiés.**_

Le président syrien Ahmed al-Chareh entame ce lundi une série d’entretiens officiels à Berlin. Cette première visite dans la capitale allemande depuis son accession au pouvoir vise principalement à aborder les perspectives de relèvement de la Syrie, ainsi que la coopération en matière de gestion des flux migratoires. Il doit s’entretenir avec le chancelier Friedrich Merz et le président fédéral Frank-Walter Steinmeier.

Cet ancien commandant islamiste, âgé de quarante-quatre ans, a consolidé son autorité après le renversement du précédent régime. Il a depuis multiplié les contacts diplomatiques avec les capitales occidentales et obtenu un allégement substantiel des sanctions internationales. Son déplacement, reporté en début d’année en raison de tensions internes, intervient dans un contexte de normalisation progressive des relations.

L’agenda des discussions inclut un forum économique dédié aux investissements nécessaires à la reconstruction d’un pays marqué par une pauvreté endémique après quatorze années de conflit. La délégation syrienne et les autorités allemandes évoqueront également les modalités du retour d’une partie des réfugiés établis en Allemagne. Près d’un million de Syriens y ont trouvé asile, principalement lors de la crise migratoire de 2015.

Le gouvernement de coalition dirigé par Friedrich Merz a fait de la maîtrise de l’immigration une priorité. Le chancelier a estimé à plusieurs reprises que la fin des hostilités actives en Syrie privait de fondement le droit d’asile pour ses ressortissants. Un accord technique, conclu à la fin de l’année dernière, permet déjà le rapatriement de personnes condamnées pour des actes de criminalité.

Cette orientation politique suscite des réserves parmi plusieurs organisations humanitaires. Elles pointent la persistance de l’insécurité, la présence de groupes armés et les risques liés aux restes explosifs de guerre. La dégradation des conditions sociales, avec l’imposition de règles inspirées par un conservatisme religieux, est également relevée.

La visite se déroule dans un climat de protestation. Des manifestations sont annoncées à Berlin, et une association kurde a dénoncé la légitimité accordée, selon elle, à un ancien chef jihadiste. Les autorités allemandes considèrent pour leur part ce dialogue comme un levier pour stabiliser la région et organiser des retours durables.

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