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Économie

L’Union européenne à l’heure du choix pour le Mercosur

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À la veille d’une signature historique, Bruxelles multiplie les gestes en direction des agriculteurs européens, dont les inquiétudes persistent face à la concurrence sud-américaine.

Les ministres de l’Agriculture des Vingt-Sept se réunissent ce mercredi à Bruxelles dans un contexte de fortes tensions. L’exécutif européen cherche à apaiser les craintes du secteur agricole, alors que la conclusion de l’accord commercial avec le Mercosur, après plus de deux décennies de négociations, semble imminente. Cette rencontre intervient au moment où plusieurs États membres, dont la France, connaissent une recrudescence des mouvements de protestation.

En préambule à cette réunion, la présidente de la Commission européenne a annoncé une mesure budgétaire significative. Elle propose de débloquer de manière anticipée, dès 2028, une enveloppe de 45 milliards d’euros destinée à la politique agricole commune. Cette initiative vise à répondre aux préoccupations sur le financement futur du secteur. Pour Bruxelles, l’objectif est clair. Il s’agit de créer les conditions politiques favorables à la signature de l’accord avec le bloc latino-américain, prévue dans les prochains jours.

La perspective de ce traité commercial suscite une opposition déterminée dans une partie du monde agricole européen. Les organisations professionnelles redoutent une concurrence accrue sur des produits comme la viande bovine, le sucre ou le miel, en raison de normes de production jugées moins exigeantes. Le principal syndicat agricole français évoque régulièrement le risque de mobilisations d’ampleur si l’accord était signé en l’état. Les critiques portent également sur l’utilisation de certains produits phytosanitaires interdits dans l’Union, un sujet sur lequel Paris a récemment durci sa position en annonçant des mesures de suspension d’importations.

Face à ces critiques, la Commission européenne assure avoir intégré des garanties substantielles dans le texte. Elle met en avant des quotas limités pour les importations agricoles les plus sensibles et des mécanismes de sauvegarde permettant de rétablir des droits de douane en cas de perturbation du marché. L’exécutif souligne par ailleurs la nécessité stratégique de cet accord pour diversifier les partenaires commerciaux de l’Union et renforcer sa position face à la concurrence mondiale.

Le soutien politique à l’accord semble se consolider. L’Italie, après avoir obtenu un report de la signature, a indiqué qu’elle le soutiendrait in fine, saluant la proposition budgétaire de la Commission. Avec l’appui attendu de l’Allemagne et de l’Espagne, le camp des partisans dispose d’une majorité qualifiée, réduisant la capacité de blocage de pays comme la France, la Pologne ou la Hongrie. La décision finale des États membres est attendue dans les prochains jours.

Au-delà de la signature, le parcours du traité n’est pas terminé. Il devra ensuite être soumis à la ratification du Parlement européen, où le vote s’annonce serré. Les discussions de ce mercredi seront donc déterminantes pour tenter de réduire les dernières réticences et dessiner les contours des compensations promises au secteur agricole européen.

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