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Économie

Le gouvernement face à la fronde persistante des agriculteurs

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À la veille de nouvelles rencontres à Matignon, les représentants du monde agricole maintiennent la pression, jugeant les premières annonces du pouvoir insuffisantes pour apaiser un profond malaise.

Le Premier ministre reçoit ce lundi et mardi les principaux syndicats agricoles dans un contexte de tensions renouvelées. L’objectif affiché est d’éviter une reprise massive des mobilisations après une trêve hivernale, alors que plusieurs crises simultanées pèsent sur la profession. Les éleveurs font face à une épizootie de dermatose nodulaire contagieuse, tandis que les céréaliers subissent la conjonction de cours bas et de coûts de production élevés. La perspective d’un accord commercial avec les pays du Mercosur alimente également les craintes d’une concurrence jugée déloyale.

Dans une lettre ouverte publiée dimanche, le chef du gouvernement a reconnu l’existence d’un sentiment d’injustice et d’un empilement réglementaire souvent perçu comme absurde. Il a promis une action plus ferme, notamment au niveau européen, pour renforcer les contrôles aux frontières sur les produits ne respectant pas les normes sanitaires de l’Union. Une mesure concrète a été annoncée, la suspension des importations de certains fruits et légumes d’Amérique du Sud contenant des résidus de pesticides interdits en Europe, sous réserve de l’aval de la Commission européenne.

Ces déclarations ne semblent cependant pas convaincre les organisations syndicales, qui les qualifient unanimement d’insuffisantes. La FNSEA, qui sera reçue mardi, a dénoncé une absence de vision et réclame une loi d’exception pour alléger les contraintes administratives et relancer la production. La Coordination rurale et la Confédération paysanne, plus mobilisées sur le terrain, maintiennent leur opposition à la stratégie d’abattage des troupeaux touchés par la dermatose et réclament une vaccination généralisée.

Malgré l’accélération de la campagne vaccinale dans le Sud-Ouest, la détection de nouveaux foyers et le délai nécessaire à l’immunisation entretiennent l’inquiétude. Les syndicats ont tous annoncé une reprise des actions en janvier, signe que la colère, loin de s’éteindre, pourrait connaître un nouvel épisode si les discussions à Matignon n’aboutissent pas à des engagements perçus comme tangibles par la profession.

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