Économie
L’ombre toxique du recyclage artisanal vietnamien
Dans la périphérie de Hanoï, des communautés entières vivent au milieu de montagnes de déchets plastiques. Une activité économique vitale, mais dont le coût sanitaire se révèle exorbitant pour les populations locales.
Accroupie au milieu d’un paysage de bouteilles et d’emballages, une sexagénaire arrache méticuleusement les étiquettes. Comme beaucoup d’habitants de Xa Cau, au sud de la capitale vietnamienne, elle consacre ses journées au tri des plastiques en vue de leur transformation. Cette tâche, source essentielle de revenus, est pour elle indissociable d’un drame personnel. Elle est convaincue que les vapeurs et les poussières dégagées par ces matériaux sont à l’origine de la maladie qui frappe son époux.
Le village fait partie des centaines de hameaux spécialisés dans la récupération, qui ceinturent Hanoï. Ces sites traitent une fraction des millions de tonnes de déchets produits annuellement par le pays. Si cette filière informelle permet d’éviter l’enfouissement pur et simple, ses procédés sommaires inquiètent les observateurs. L’absence de contrôle sur les émissions atmosphériques et le rejet direct des eaux usées exposent en permanence les travailleurs à un cocktail de substances chimiques.
L’essor économique du Vietnam a considérablement accru la consommation domestique, générant un flux constant de matières à valoriser. Pour répondre à la demande des unités de broyage et de fonte, certains opérateurs importent également des rebuts en provenance d’autres nations asiatiques, voire d’Europe ou d’Amérique du Nord. Cette activité constitue une manne financière pour des zones rurales en manque de perspectives, permettant à de nombreuses familles de quitter l’habitat précaire.
Les pouvoirs publics ont tenté d’encadrer le secteur, en prohibant notamment l’incinération sauvage et en promouvant des installations plus modernes. Sur le terrain, les pratiques anciennes perdurent. Des analyses menées sur des sédiments dans le village de Minh Khai ont mis en évidence des concentrations alarmantes de métaux lourds et de composés organiques persistants, des substances reconnues pour leur nocivité.
Aucune statistique officielle ne recense l’incidence des pathologies graves dans ces localités. Les témoignages recueillis sur place font cependant état d’une inquiétante récurrence de cas parmi les résidents et les ouvriers. Les spécialistes pointent un lien direct entre cette exposition prolongée à un environnement dégradé et la dégradation de l’état de santé des populations. L’espérance de vie y serait inférieure à la moyenne nationale, selon une étude déjà ancienne du ministère de l’Environnement.
Pour les habitants, le dilemme reste entier. L’activité de recyclage, aussi rudimentaire soit-elle, assure leur subsistance. Elle les condamne dans le même temps à évoluer au quotidien dans un cadre où les risques pour leur bien-être sont désormais avérés. Un paradoxe qui illustre les défis sanitaires et environnementaux posés par une économie circulaire informelle, en l’absence de normes et de protections adaptées.
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