Économie
Le Venezuela rompt ses accords gaziers avec Trinité-et-Tobago après des accusations de complicité

Caracas accuse son voisin insulaire d’avoir facilité la saisie d’un pétrolier par les États-Unis et dénonce le renouvellement des sanctions européennes, dans un contexte régional de fortes tensions.
Le gouvernement vénézuélien a annoncé la suspension immédiate de tout contrat d’approvisionnement en gaz naturel avec Trinité-et-Tobago. Cette décision fait suite à des accusations portées contre l’archipel, soupçonné par Caracas d’avoir participé à l’interception d’un navire-citerne transportant du pétrole brut vénézuélien par les autorités américaines le mois dernier. L’opération, décrite par le Venezuela comme une violation du droit international, avait déjà suscité de vives protestations.
Dans un communiqué officiel, la vice-présidente Delcy Rodríguez a affirmé que les autorités vénézuéliennes détenaient des informations précises concernant l’implication de Port-d’Espagne dans cet événement. Elle a également reproché à la Première ministre de Trinité-et-Tobago, Kamla Persad-Bissessar, de mener une politique hostile depuis son entrée en fonction. Le ministre de l’Intérieur, Diosdado Cabello, a pour sa part estimé que cette posture mettait en péril les relations bilatérales.
Cette annonce intervient alors que Trinité-et-Tobago a récemment autorisé les forces américaines à utiliser ses infrastructures aéroportuaires à des fins logistiques pour les prochaines semaines. L’archipel, qui a accueilli un navire de guerre américain et des manœuvres de Marines en novembre, a également vu l’installation d’un radar américain sur son territoire. Les autorités de Port-d’Espagne ont toutefois précisé que Washington n’avait jamais sollicité l’usage de leur territoire pour mener des actions offensives contre le Venezuela.
Parallèlement, Caracas a vivement condamné la décision de l’Union européenne de prolonger d’une année son régime de sanctions visant soixante-neuf personnalités vénézuéliennes. Le ministère des Affaires étrangères a qualifié cette mesure d’illégitime et l’a interprétée comme un signe de déclin politique de l’UE sur la scène internationale. Ces sanctions sont justifiées par Bruxelles au nom de la défense de l’état de droit et des droits de l’homme.
Sur le plan intérieur, la compagnie pétrolière nationale PDVSA a fait état d’une cyberattaque attribuée à des intérêts étrangers, tout en assurant que ses opérations n’avaient pas été affectées. Dans le même temps, des organisations de la société civile ont signalé l’arrestation d’un cadre d’un parti d’opposition, rappelant les préoccupations persistantes concernant la situation des libertés dans le pays.

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