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Culture

Richard Linklater défend l’irremplaçable génie humain face à l’intelligence artificielle

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Le cinéaste américain oppose la profondeur créative des artistes aux limites des algorithmes, à travers ses deux nouveaux films consacrés à des figures majeures de la création.

L’interrogation sur la nature de l’art et la place du génie humain face à l’essor des technologies numériques anime aujourd’hui les débats dans l’industrie cinématographique. Le réalisateur Richard Linklater apporte sa contribution à cette réflexion avec ses deux dernières œuvres, qui explorent le parcours de créateurs ayant marqué leur époque. Il en tire une conviction ferme quant aux capacités réelles de l’intelligence artificielle dans le domaine de la création.

Pour l’auteur de « Boyhood », l’IA demeure un simple outil technique, dépourvu de la sensibilité et de l’intuition nécessaires à la conception d’une œuvre cinématographique aboutie. Selon lui, la véritable alchimie du cinéma réside dans la capacité à construire une narration, à développer des personnages et à établir une connexion authentique avec le public. Aucun algorithme, affirme-t-il, ne saurait reproduire cette dimension essentiellement humaine.

« Nouvelle Vague », disponible prochainement sur une plateforme de streaming, retrace la genèse du film « À bout de souffle » de Jean-Luc Godard. Le long métrage met en lumière la personnalité audacieuse du cinéaste français, son influence sur le renouvellement du langage cinématographique et sa capacité à convaincre collaborateurs et acteurs de le suivre dans une aventure artistique sans filet. Parallèlement, « Blue Moon » plonge dans les dernières années du parolier Lorenz Hart, figure majeure de Broadway, alors que son étoile pâlit face aux évolutions esthétiques de son temps.

Linklater souligne que les révolutions artistiques, à l’image de la Nouvelle Vague, ont souvent été portées par des avancées techniques, comme l’apparition de caméras plus légères et accessibles. Mais il écarte l’idée que l’IA puisse provoquer une métamorphose comparable. Les gains de temps ou d’argent qu’elle promet ne suffisent pas, estime-t-il, à engendrer une transformation profonde des récits et des émotions.

Le cinéaste préfère quant à lui des approches qui valorisent l’expérience humaine dans sa matérialité même. Son prochain projet, une adaptation de la comédie musicale « Merrily We Roll Along », sera tourné sur une période de vingt ans, laissant les interprètes vieillir naturellement à l’écran. Une méthode déjà éprouvée dans « Boyhood », et qui s’oppose frontalement aux effets de rajeunissement numériques récemment employés par d’autres productions.

Refusant les facilités offertes par les technologies de simulation, Linklater revendique une exigence de vérité. Faire interpréter un personnage âgé par un acteur de vingt-cinq ans lui paraît dépourvu de crédibilité, car privé de la sagesse et du vécu que seule l’existence confère. Pour lui, le cinéma doit rester un art de l’humain, porté par des individus aux parcours singuliers, et non par des calculs algorithmiques.

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