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Économie

Carmat en péril : le rêve brisé du cœur artificiel français

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L’entreprise pionnière, à court de liquidités, se tourne vers la justice pour éviter la faillite, mettant en péril des décennies d’innovation médicale.

Carmat, fleuron de la biotechnologie française, a annoncé son incapacité à honorer ses dettes, faute d’avoir sécurisé les financements nécessaires. La société, spécialisée dans le développement d’un cœur artificiel révolutionnaire, a déposé une demande de redressement judiciaire auprès du tribunal de Versailles, ultime recours pour tenter de sauver son activité.

Lancée en 2008 et introduite en Bourse deux ans plus tard, l’entreprise avait pourtant connu des débuts prometteurs. Mais malgré 42 implants réalisés cette année et un chiffre d’affaires de 7 millions d’euros en 2023, elle n’a pas réussi à convaincre les investisseurs de soutenir son projet à long terme. Ses actions, autrefois valorisées à plus de 100 euros, ne valent plus que quelques centimes aujourd’hui.

La direction avait multiplié les appels à l’aide, y compris auprès de l’Élysée, dénonçant les difficultés structurelles à financer l’innovation en France. Stéphane Piat, PDG de Carmat, évoquait même un « crève-cœur » de voir disparaître une technologie pionnière, fruit de trente ans de recherche et de 550 millions d’euros d’investissements.

Le dispositif Aeson, conçu pour les patients en attente de greffe, représente un espoir pour des milliers de personnes souffrant d’insuffisance cardiaque terminale. Pourtant, son développement a été semé d’embûches, notamment après la suspension temporaire des implants en 2021 suite à des complications mortelles.

Aujourd’hui, deux scénarios se dessinent : un rachat par un acteur du secteur ou l’arrivée d’un partenaire financier solide. L’intervention de l’État, bien que jugée improbable, n’est pas totalement exclue, compte tenu de l’enjeu stratégique.

En attendant, Carmat assure que les patients équipés de ses prothèses continueront à être suivis, quelle que soit l’issue judiciaire. Une lueur d’espoir dans un contexte où les alternatives thérapeutiques restent limitées face à la pénurie de greffons cardiaques.

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