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Économie

Zone euro : l’inflation tombe à son plus bas niveau depuis 10 mois, la BCE sous pression

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La baisse inattendue des prix à 1,9% en mai ouvre la voie à un nouvel assouplissement monétaire, malgré des tensions persistantes sur les produits alimentaires.

Le ralentissement de l’inflation dans la zone euro s’est accentué plus que prévu au mois de mai, selon les dernières données d’Eurostat. L’indice des prix à la consommation s’est établi à 1,9% sur un an, franchissant pour la première fois depuis septembre dernier la barre symbolique des 2% visée par la Banque centrale européenne. Cette performance dépasse les attentes des analystes qui tablaient sur une stabilisation à 2%.

L’indice sous-jacent, excluant les variations erratiques de l’énergie et des denrées alimentaires, affiche également une nette amélioration avec un repli à 2,3%, contre 2,7% le mois précédent. Cette évolution favorable renforce les arguments en faveur d’un nouveau coup de pouce monétaire lors de la prochaine réunion de la BCE. Les marchés anticipent désormais une probable baisse des taux dès juillet, après celle attendue cette semaine.

Paradoxalement, les mesures protectionnistes américaines ont joué un rôle inattendu dans cette désinflation. Le renchérissement du dollar face à l’euro et le fléchissement des cours des matières premières ont contribué à alléger les pressions sur les coûts d’importation. Les services, secteur clé pour évaluer la dynamique salariale, enregistrent une nette décélération avec une hausse limitée à 3,2%.

Toutefois, certains postes de dépenses résistent à cette tendance baissière. Les produits alimentaires voient leur inflation s’accélérer à 3,3%, témoignant de pressions persistantes sur ce budget essentiel des ménages. Après le pic historique de 10,6% en 2022, la zone euro semble pourtant avoir tourné la page de la crise inflationniste post-pandémie, permettant à la BCE d’enclencher un cycle de détente monétaire.

Ce contexte apaisé contraste avec les perspectives économiques moroses pour la région. Les dernières prévisions de croissance révisées à la baisse reflètent les craintes d’un ralentissement prolongé, poussant les autorités monétaires à privilégier désormais le soutien à l’activité plutôt que la lutte contre les prix.

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