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Culture

Yael Naim, une renaissance solaire après vingt ans de liberté musicale

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Dans son nouvel album « Solaire », la chanteuse et pianiste trace le portrait intime d’une artiste ayant choisi la sincérité contre les injonctions, de son tube planétaire « New Soul » à son engagement actuel pour la paix.

Vingt ans après le succès mondial de « New Soul », Yael Naim revient avec un cinquième album, « Solaire », enregistré dans sa maison de la région parisienne. Ce recueil de douze titres, aux sonorités mélancoliques et synthétiques, retrace le parcours d’une musicienne ayant toujours privilégié l’authenticité aux stratégies de l’industrie. Née à Paris et ayant grandi en Israël, l’artiste de quarante-huit ans évoque une quête de liberté initiée dès l’enfance, alors qu’elle se rêvait en « Mozart féminin ».

Au début des années 2000, après des débuts remarqués dans des comédies musicales parisiennes, elle refuse les offres des majors et choisit une voie artisanale. Avec le percussionniste David Donatien, elle conçoit un album éponyme réalisé à domicile, dont le single « New Soul », repris dans une publicité Apple, deviendra un tube international. Elle se souvient de cette période comme guidée par une seule maxime, faire ce que l’on aime avec sincérité et sans précipitation.

Cette philosophie demeure intacte aujourd’hui. « Solaire » explore les tensions d’une artiste confrontée aux attentes sociales, notamment celles pesant sur les femmes. Yael Naim y décrit un processus de réappropriation de son identé, refusant les cases toutes faites pour inventer sa propre manière d’être femme, mère et créatrice. Elle compare ce cheminement sinueux à un jeu vidéo où l’on franchit différents niveaux.

L’album fait suite à une période difficile, marquée par un échec commercial avec « Nightsongs » en 2020 et un sentiment de paralysie à la suite des événements du 7 octobre 2023 en Israël et de la guerre à Gaza. La musicienne avoue avoir été alors incapable de penser ou d’agir, tiraillée par un sentiment d’impuissance. La thérapie et la pratique musicale lui ont permis de retrouver un élan.

Aujourd’hui apaisée, elle définit l’état « solaire » non comme une superficialité, mais comme une énergie venue de l’intérieur, qu’elle a décidé de se réapproprier. Cet album lui a permis de faire la paix avec sa nature réservée et son goût pour le doute. Elle y aborde avec distance le consumérisme ou se dépeint, non sans humour, en « Fille pas cool », assumant son décalage avec les codes en vigueur.

Son engagement s’est également concrétisé par un soutien à des collectifs œuvrant pour le dialogue, tels que les Guerrières de la paix ou Standing Together. Pour le lancement de « Solaire », elle a choisi le restaurant parisien de l’association « Sababa le goût de la paix », où un Palestinien et un Israélien cuisinent côte à côte. Elle précise ne pas détenir de vérité, mais avoir simplement eu besoin de lumière et de rejoindre un espoir.

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