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Viols systématiques au Darfour, une stratégie de terreur paramilitaire

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Des témoignages accablants décrivent l’usage des violences sexuelles comme arme de guerre par les Forces de soutien rapide au Soudan, dans une indifférence internationale criante.

Une femme évoque des sévices collectifs perpétrés en public lors de sa fuite d’El-Facher vers Tawila. Ces révélations surviennent après la chute de cette ville stratégique du Darfour, dernier bastion de l’armée régulière tombé fin octobre après dix-huit mois de siège. Les Forces de soutien rapide, en conflit avec le pouvoir central depuis avril 2023, sont accusées d’avoir instauré un régime de terreur méthodique.

Les récits concordants dépeignent une situation où les exactions – massacres, pillages et viols – seraient devenues monnaie courante. Une mère de famille décrit l’impuissance des civils face à ces agissements, tandis que les organisations humanitaires constatent l’afflux de survivantes cherchant assistance. Médecins Sans Frontières rapporte avoir pris en charge plus de trois cents cas de violences sexuelles dans la seule région de Tawila.

Cette stratégie d’humiliation et de domination territoriale ne constituerait pas un phénomène isolé. Amnesty International avait déjà alerté en avril sur l’utilisation systématique des violences sexuelles comme instrument de déplacement forcé des populations. L’organisation dénonce une impunité persistante malgré les appels répétés à l’ouverture d’enquêtes internationales pour crimes contre l’humanité.

Les témoignages détaillent des pratiques d’extorsion où l’incapacité à s’acquitter de taxes arbitraires entraînait l’enlèvement des jeunes filles. Les agressions nocturnes semblent avoir été particulièrement courantes, visant délibérément des civils sans défense. Les chiffres communiqués par les autorités locales font état de centaines de femmes tuées, certaines après avoir subi des sévices sexuels.

Les Nations unies ont exprimé leur consternation après le viol collectif de vingt-cinq femmes dans un abri près de l’université d’El-Facher. Les survivants décrivent des humiliations systématiques, incluant des fouilles corporelles invasives et la destruction d’effets personnels. La terreur s’exercerait selon des logiques de représailles ciblant les familles suspectées de liens avec l’armée régulière.

Ces violences auraient provoqué des traumatismes profonds parmi les témoins, y compris des enfants. Face à l’ampleur des crimes documentés, la communauté humanitaire dénonce l’absence de réaction concrète de la part de la communauté internationale, perpétuant un cycle de violence qui ravage le Darfour depuis des mois.

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