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Une veuve franco-syrienne face à l’indicible à Soueida

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Amjad Zreika n’a retrouvé que les cendres de son époux, victime des violences communautaires qui ensanglantent le sud de la Syrie.

Dans la ville de Soueida, théâtre d’affrontements meurtriers entre groupes armés druzes et tribus sunnites, le drame d’une famille franco-syrienne illustre avec une cruelle acuité le sort des civils pris au piège des conflits communautaires. Firas Abou Latif, quadragénaire résidant habituellement près de Rouen, a péri avec son beau-frère dans l’incendie de leur maison, réduite en cendres après vingt-quatre heures de flammes.

Son épouse, Amjad Zreika, décrit avec une douleur contenue les derniers échanges avec son mari. Le 16 juillet, jour de leur anniversaire de mariage, il lui avait fait part des tirs d’un char dans leur quartier avant de signaler leur encerclement. Plus aucune communication n’a ensuite été possible. L’identification des corps n’a pu se faire que grâce à la montre calcinée de Firas, seul vestige reconnaissable.

Installée temporairement chez des proches à Qanaouat, la famille avait effectué ce voyage en juin pour rendre visite à des parents. Aujourd’hui, Amjad et ses deux jeunes enfants errent entre différents villages, fuyant les combats qui ont fait plus de 1 300 morts selon les organisations locales. « Ma fille me demande quand nous rentrerons en France », confie-t-elle, soulignant l’attachement de ses enfants à leur pays de naissance.

Malgré l’entrée en vigueur dimanche d’un cessez-le-feu, les conditions de sécurité restent précaires pour quitter la zone. La maison familiale n’est plus qu’un amas de débris noircis, symbole brutal d’une vie réduite en fumée par des violences qui continuent de diviser la région.

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