Monde
Une présidentielle portugaise sous le déluge
La campagne pour le second tour s’achève dans un pays éprouvé par des intempéries exceptionnelles, avec un scrutin maintenu malgré les dégâts et les appels au report.
La course à la présidence portugaise prend fin ce vendredi dans un climat de crise. Les violentes perturbations météorologiques des dernières semaines ont profondément marqué la fin de campagne, obligeant les candidats à adapter leur agenda et à se rendre sur le terrain des sinistres. Le socialiste modéré Antonio José Seguro, donné largement favori, affronte le chef de file de l’extrême droite, André Ventura, dans un scrutin dont l’organisation a été mise à l’épreuve.
Le gouvernement a reconnu l’ampleur de la situation, qualifiée de dévastatrice par le Premier ministre Luis Montenegro. Face aux inondations et aux vents violents ayant causé plusieurs décès et d’importants dégâts matériels, l’autorité électorale a confirmé le maintien du vote ce dimanche. Seules trois municipalités particulièrement affectées, dont Alcacer do Sal, bénéficieront d’un report d’une semaine, conformément à la législation en vigueur qui n’autorise que des reports localisés.
Cette période troublée a influé sur le ton de la campagne. André Ventura, qui avait plaidé pour un report national, a accentué ses critiques contre l’exécutif et sa gestion de la crise. Son adversaire, Antonio José Seguro, généralement plus conciliant, a pour sa part exprimé son émotion face aux difficultés rencontrées par les services de secours et la lenteur du retour à la normale dans les régions touchées.
Selon les dernières estimations, le candidat socialiste, qui avait remporté le premier tour, bénéficie d’une avance confortable. L’enjeu du second tour réside désormais moins dans son issue, jugée acquise par les observateurs, que dans la performance du parti d’extrême droite Chega. Les analystes s’interrogent sur la capacité d’André Ventura à élargir son électorat ou à simplement consolider sa base, dans un contexte où la participation pourrait être affectée par les intempéries.
La météo pourrait en effet jouer un rôle décisif en décourageant le déplacement des électeurs, un phénomène de démobilisation qui pourrait être accentué par la nature attendue du résultat. Reste à savoir si ce climat de crise profitera au discours de rupture porté par l’extrême droite ou, à l’inverse, renforcera l’attrait pour la stabilité institutionnelle incarnée par le favori socialiste.
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