Culture
Une jeune pianiste ukrainienne fait résonner son exil à travers les notes
À Nantes, Nora Kostenko, 11 ans, transforme son instrument en un pont mélodique vers sa terre natale. Son jeu, d’une maturité saisissante, exprime autant la lumière des paysages que l’ombre du conflit.
Lorsque ses doigts effleurent le clavier, Nora Kostenko voyage. Les mélodies enjouées évoquent pour elle des horizons ensoleillés, tandis que les passages plus sombres la ramènent inévitablement vers l’Ukraine, ce pays en guerre qu’elle a dû quitter il y a quatre ans. Âgée de onze ans à peine, cette pianiste prodige trouve dans la musique un langage universel pour dire l’absence et préserver le souvenir.
Installée avec sa famille à Nantes depuis le début de l’offensive russe, elle prépare actuellement son programme pour la Folle Journée, le festival de musique classique. Dans le silence d’une salle de répétition, son interprétation de Gabriel Fauré révèle une concentration bien au-delà de son âge. Au répertoire figure également une pièce du compositeur ukrainien Ihor Shamo, découvert grâce à son père. Ce prélude, explique-t-elle, lui parle directement de son pays et des épreuves qu’il traverse, suscitant en elle une émotion palpable.
Originaire de Kharkiv, Nora a été bercée très tôt par la musique, observant avec fascination les exercices au piano de sa sœur aînée. La décision de quitter l’Ukraine fut prise en famille, par crainte des dangers liés à la proximité avec la frontière. Un périple de dix jours à travers l’Europe les a conduits vers l’ouest de la France, leurs bagages mêlés aux partitions. Pour les deux sœurs, l’instrument est rapidement devenu un refuge et un moyen de communication dans ce nouvel environnement.
Élève au conservatoire de Nantes, Nora consacre plusieurs heures quotidiennes à sa pratique, un engagement qui a été couronné l’été dernier par une victoire à un concours national. Les membres du jury, dont le compositeur André Manoukian, ont été frappés par la profondeur et la maturité de son jeu, capable de transporter l’auditeur dans son univers intérieur. Sa récompense, un piano de concert, est désormais le compagnon de ses longues heures de travail.
Collégienne épanouie, elle partage son temps entre les études, le dessin et la natation synchronisée, sans déroger à son ambition de devenir concertiste. Un moment fort de son jeune parcours fut sa prestation devant la Première dame ukrainienne, Olena Zelenska, au ministère des Affaires étrangères à Paris. Cette rencontre a constitué pour elle un fragment tangible de sa patrie, un lien précieux avec sa langue et ses racines.
La famille Kostenko a, par ailleurs, choisi d’écarter de son répertoire les œuvres des compositeurs russes qu’elle étudiait auparavant. Un geste de solidarité qui leur semble naturel tant que perdurent les hostilités. À travers chaque note, Nora continue de tisser un dialogue entre deux rives, celle de l’enfance préservée et celle d’une mémoire à jamais musicale.
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