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Une investiture présidentielle dans l’ombre des violences

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La cheffe de l’État tanzanienne a prêté serment tandis que persistaient des allégations de répression sanglante et que le pays restait privé d’accès à internet.

Samia Suluhu Hassan a officiellement entamé son mandat présidentiel lors d’une cérémonie retransmise depuis la capitale administrative Dodoma. L’événement, tenu à huis clos contrairement aux traditions antérieures, s’est déroulé dans un espace aux allures de terrain militaire, où des estrades vides accentuaient l’absence de public. Vêtue d’une tenue traditionnelle rouge et noire, la dirigeante a prononcé le serment constitutionnel en promettant d’œuvrer avec intégrité pour l’unité nationale.

Cette investiture intervient dans un contexte de vives tensions post-électorales. Le parti au pouvoir affirme que la présidente a recueilli près de 98 % des voix, un résultat immédiatement contesté par les formations d’opposition qui dénoncent une mascarade démocratique. Les deux principaux candidats rivaux avaient préalablement été écartés de la course, l’un par l’incarcération, l’autre par une disqualification.

La période électorale a été marquée par une flambée de violences. Des manifestations hostiles au régime ont été réprimées par les forces de l’ordre, donnant lieu selon l’opposition à plusieurs centaines de victimes. Un porte-parole du principal parti d’opposition a fait état d’au moins huit cents morts, un bilan corroboré par des sources sécuritaires sous couvert d’anonymat. Des images montrant des corps sans vie et des interventions armées ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux, confirmant selon plusieurs vérifications la localisation tanzanienne de ces documents.

Les autorités maintiennent une coupure générale d’internet en vigueur depuis cinq jours, entravant gravement la circulation de l’information. Une source diplomatique évoque l’utilisation de cette mesure pour entraver la documentation des exactions. Si les rues des grandes villes ont retrouvé une certaine quiétude, les établissements scolaires demeurent fermés et les transports publics suspendus.

La communauté internationale exprime son inquiétude. Le secrétaire général des Nations Unies a réclamé une enquête indépendante sur les allégations d’usage disproportionné de la force. Les déclarations officielles tanzaniennes continuent de nier toute violence, le ministre des Affaires étrangères affirmant n’avoir constaté aucun décès massif. Cette version contraste avec les rapports d’organisations de défense des droits humains, qui décrivent une campagne d’intimidation systématique incluant arrestations arbitraires et exécutions extrajudiciaires.

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