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Culture

Une foule en pèlerinage à Assise pour une rencontre historique

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Pour la première fois, les reliques de saint François d’Assise sont exposées au public. Des milliers de personnes convergent vers la basilique pour un moment de recueillement exceptionnel.

Une procession silencieuse et recueillie serpente depuis dimanche sur la place de la basilique inférieure Saint-François. Sous une vaste tente blanche, familles, couples et personnes âgées patientent avant de franchir les contrôles de sécurité. Ils viennent répondre à un événement sans précédent. Les ossements du saint, fondateur de l’ordre des Franciscains, sont visibles jusqu’au 22 mars, une exposition publique qui n’avait plus eu lieu depuis près d’un demi-siècle.

Le flux des visiteurs, régulé par des créneaux de réservation gratuite, ne faiblit pas. Près de quatre cent mille personnes se sont déjà inscrites pour approcher la châsse de verre disposée devant l’autel. À l’intérieur, les restes du Poverello reposent sur un drap de soie blanche. Pour beaucoup, le simple fait d’effleurer du regard ou de la main le caisson transparent qui les protège constitue une expérience profondément tangible. Des gestes de dévotion ponctuent le passage, signes de croix discrets ou genoux fléchis, tandis que des chapelets glissent lentement sur la surface de verre.

Les témoignages recueillis sur place évoquent une émotion intense et une forme de proximité retrouvée avec la figure du saint. Une visiteuse venue de Vérone confie que cette confrontation directe avec les reliques donne une réalité palpable à une foi parfois mise à l’épreuve par le doute. D’autres soulignent la force du message de simplicité et d’humilité que continue d’incarner François, huit siècles après sa mort.

Les ossements, découverts en 1818 à l’issue de fouilles discrètes dans la crypte de la basilique, portent les marques d’une existence ascétique. Les franciscains qui veillent sur le site notent leur aspect usé, témoin d’une vie de pérégrinations et de privations. Le crâne, de petite taille, présente aussi les stigmates de son transfert au XIIIe siècle. Pour les croyants, cette fragilité même semble renforcer la présence spirituelle des lieux.

Au-delà de la ferveur religieuse, l’événement revêt une dimension historique majeure. Hormis une présentation très restreinte en 1978 et des expertises scientifiques, les reliques n’avaient jamais été montrées. Cette exposition, qui coïncide avec le huitième centenaire de la mort du saint, transforme temporairement la basilique en un lieu de pèlerinage d’une ampleur exceptionnelle, où le recueillement individuel se mêle à une forme de communion collective.

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