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Une course contre la montre dans les forêts landaises

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Pour endiguer la progression d’un parasite dévastateur, les forestiers procèdent à des abattages massifs de pins avant l’arrivée du printemps.

Dans la forêt des Landes, une opération d’une ampleur inédite mobilise engins et opérateurs. L’objectif est d’éliminer, avant la mi-février, des milliers de pins maritimes sur une zone délimitée. Cette mesure radicale constitue la seule parade connue pour tenter d’enrayer la propagation du nématode du pin, un organisme parasite détecté pour la première fois sur le territoire national à l’automne dernier. Ce ver microscopique, classé comme menace sanitaire prioritaire par l’Union européenne, provoque le dépérissement rapide des conifères en obstruant leur système vasculaire.

La stratégie mise en œuvre repose sur l’abattage préventif de tous les résineux situés dans un périmètre de cinq cents mètres autour des foyers identifiés. Au-delà, une zone de surveillance étendue sur vingt kilomètres a été instaurée. Les arbres coupés doivent impérativement subir un traitement thermique spécifique ou être destinés à la combustion afin d’éliminer tout risque de dissémination. La rapidité d’exécution est cruciale, car le cycle de reproduction du parasite est lié à l’éclosion au printemps d’un insecte vecteur, le longicorne, qui favoriserait sa dispersion.

L’apparition de ce pathogène sur le sol français suscite une vive inquiétude au sein de la filière sylvicole. Originaire d’Amérique du Nord, il a provoqué des dégâts considérables au Portugal et en Espagne au cours des dernières décennies. La perspective d’une extension à l’ensemble du massif landais, pilier économique régional, est redoutée. Les premiers résultats des analyses menées sur près de neuf cents prélèvements sont toutefois jugés encourageants par les autorités, qui n’ont pas détecté de nouveaux foyers en dehors de la parcelle initiale.

L’opération génère des conséquences économiques et environnementales immédiates pour les propriétaires concernés, tenus d’avancer les frais d’exploitation avant un remboursement par l’État. Certains ont saisi la justice administrative pour contester ces mesures. Au-delà de l’impact financier, l’abattage de pans entiers de forêt est perçu comme une atteinte au patrimoine paysager local. Les services de l’État appellent à une mobilisation générale pour respecter le calendrier imposé, lequel prévoit également l’élimination des arbres morts dans la zone tampon d’ici à la fin du mois de mars, une tâche d’une ampleur considérable.

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