Culture
Un thriller britannique pour dénouer les fils d’une détention iranienne
L’histoire de Nazanin Zaghari-Ratcliffe, retenue six années en Iran, inspire une série présentée au festival Séries Mania. Son époux, Richard Ratcliffe, est venu à Lille évoquer le long combat qui a précédé la libération.
La vie de cette employée de la fondation Thomson Reuters a été interrompue en avril 2016, à l’aéroport de Téhéran. Alors qu’elle revenait rendre visite à sa famille avec sa fille, Nazanin Zaghari-Ratcliffe a été appréhendée par les autorités locales. Accusée de complot contre l’État, ce qu’elle a toujours contesté, elle a été séparée de son enfant et incarcérée.
Pendant ces six années, son mari, Richard Ratcliffe, un comptable londonien, s’est mué en infatigable porte-parole. Il a multiplié les actions publiques, dont deux grèves de la faim, devant l’ambassade d’Iran à Londres puis le siège de la diplomatie britannique, pour alerter l’opinion sur le sort de son épouse. Malgré sa libération intervenue en 2022, il estimait que le récit complet de leur épreuve demeurait méconnu.
C’est pour combler cette lacune qu’a été conçue la série « Prisoner 951 », en compétition à Séries Mania et produite par la BBC. Cette fiction en cinq épisodes, présentée comme un thriller, explore la double détresse du couple. Elle montre, d’un côté, l’isolement et la dégradation physique de la détenue face à l’appareil judiciaire iranien, et de l’autre, la frustration croissante de son mari, confronté aux lenteurs et aux complexités des canaux diplomatiques officiels.
Le parcours a été semé d’embûches, y compris au sein de l’administration britannique. Une déclaration malheureuse d’un ancien ministre des Affaires étrangères, suggérant une activité professionnelle de Mme Zaghari-Ratcliffe en Iran, avait ainsi compliqué sa défense. Richard Ratcliffe évoque ces années comme une succession d’incertitudes, un « ouragan » face auquel il fallait sans cesse inventer de nouvelles stratégies.
La réalisatrice de la série, Philippa Lowthorpe, souligne que le matériau dramatique était déjà présent dans la réalité. Aucune invention n’était nécessaire pour retranscrire l’intensité de ce combat. L’affaire était par ailleurs sous-tendue par une question financière ancienne, une dette liée à un contrat d’armement datant de l’époque du Shah, que le Royaume-Uni a finalement réglée peu avant la libération, sans pour autant reconnaître un lien officiel entre les deux dossiers.
Cette situation renvoie au dilemme récurrent de la « diplomatie des otages », une pratique que Téhéran dément employer, mais qui place les États occidentaux devant des choix cornéliens. Richard Ratcliffe observe que si des protocoles existent pour traiter avec des groupes non étatiques, la réponse est bien moins claire lorsqu’un pays souverain est impliqué.
La diffusion de cette série survient dans un contexte régional tendu, ce qui, selon M. Ratcliffe, lui confère une résonance particulière. Il espère que l’œuvre parviendra à capturer la dimension humaine de l’épreuve, au-delà des seules figures des détenus, en incluant aussi le point de vue des gardiens ou des décideurs politiques. Maintenir ce lien d’humanité partagée lui apparaît comme un impératif essentiel. L’actualité du festival a d’ailleurs été marquée par l’absence d’une cinéaste iranienne, empêchée de se rendre à Lille, rappelant la persistance des tensions.
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