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Un scrutin contesté s’ouvre en Birmanie sous l’égide de la junte

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Le pouvoir militaire organise des élections législatives sur fond de conflit et de répression, un processus rejeté par la communauté internationale.

Les bureaux de vote ont ouvert dimanche en Birmanie pour un scrutin législatif organisé par les autorités militaires. Cette consultation, présentée par la junte comme une étape vers un retour à l’ordre constitutionnel, intervient dans un contexte de guerre civile et d’absence de toute opposition crédible. Les principaux partis dissidents, dont la Ligue nationale pour la démocratie de l’ancienne dirigeante Aung San Suu Kyi, ont été exclus du processus.

Le chef de la junte, le général Min Aung Hlaing, a affirmé que le vote se déroulait de manière régulière et transparente, rejetant par avance toute mise en cause de son déroulement. Le Parti de l’union, de la solidarité et du développement, formation soutenue par l’armée, est largement favori pour remporter la majorité des sièges. Ce résultat, s’il se confirme, permettrait d’entériner l’influence durable des militaires sur les institutions politiques.

La tenue même de ce scrutin est vivement critiquée à l’étranger. Plusieurs capitales occidentales et organisations de défense des droits de l’homme dénoncent un exercice privé de légitimité, marqué par la répression de toute voix discordante et l’impossibilité de voter dans de vastes régions du pays contrôlées par des groupes armés d’opposition. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a pointé un climat de violence entourant la préparation du vote.

L’ombre d’Aung San Suu Kyi, toujours incarcérée et condamnée à une longue peine de prison, plane sur ce processus. Son fils, depuis l’étranger, a estimé que sa mère ne reconnaîtrait aucune valeur à ces élections. Le coup d’État de février 2021, qui avait mis fin à une décennie de transition démocratique, a plongé le pays dans une crise profonde dont il ne semble pas sorti.

Le vote se déroulera en trois phases étalées sur un mois, concernant principalement les zones urbaines restées sous le contrôle effectif de l’armée. Les autorités ont annoncé avoir engagé des poursuites contre des centaines de personnes accusées de vouloir entraver le processus électoral. Pour de nombreux observateurs, ce scrutin vise avant tout à offrir une façade de normalité à un régime confronté à une résistance armée et à un isolement diplomatique croissant.

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