Planète
Un sanctuaire thaïlandais au chevet de la faune sauvage
Au cœur de la province de Phetchaburi, un hôpital unique en son genre redonne espoir aux espèces menacées, des primates aux pachydermes, grâce à des soins sur mesure et un engagement sans faille.
Dans cet établissement spécialisé géré par la Fondation des amis de la faune sauvage de Thaïlande (WFFT), l’innovation côtoie chaque jour la nécessité. Faute de matériel adapté, les vétérinaires n’hésitent pas à modifier des instruments conçus pour les animaux domestiques afin de les utiliser sur des tigres ou des ours. « L’improvisation fait partie de notre quotidien », confie une praticienne, évoquant un laryngoscope retravaillé pour répondre aux besoins des grands mammifères.
Ouvert récemment en remplacement d’une structure plus modeste, ce centre accueille des dizaines de patients chaque mois, qu’il s’agisse d’un minuscule marsupial ou d’un imposant éléphant. Les cas sont variés, comme en témoigne l’intervention récente sur un macaque employé dans une plantation de noix de coco. Après des examens approfondis incluant radiographies et analyses sanguines, le primate a subi une vasectomie avant d’être relâché parmi ses congénères.
Fondée en 2001 avec trois primates à peine, l’ONG gère désormais un domaine de 120 hectares abritant soixante espèces. « Ce qui était un hobby est devenu une mission à temps plein », reconnaît son créateur, un Néerlandais installé depuis longtemps dans le pays. Entre les soins apportés à un ours malaisien atteint de dermatose et le traitement d’une cataracte chez un éléphant, l’équipe ne chôme pas. La nouvelle infrastructure permet désormais de mieux répondre aux urgences, avec des salles dédiées et un espace de quarantaine.
Les autorités thaïlandaises, pourtant souvent en tension avec les défenseurs de la faune, sollicitent désormais l’expertise de la fondation. Une collaboration inédite qui facilite la prise en charge des animaux saisis lors d’opérations anti-braconnage. Parmi les priorités figure la lutte contre l’exploitation des singes dans les cocoteraies, une pratique dénoncée pour son impact dévastateur sur les populations sauvages. Des discussions sont en cours avec les producteurs pour promouvoir des méthodes alternatives.
Malgré ces avancées, les besoins persistent. Les professionnels rêvent d’un laboratoire d’analyse performant pour traquer l’origine des animaux victimes du trafic, ou encore d’un appareil de radiologie mobile. Autant d’outils qui renforceraient la lutte contre un fléau encore trop peu sanctionné. « La législation existe, mais son application reste lacunaire », déplore le fondateur de la WFFT. Dans cette bataille pour la biodiversité, chaque progrès technique compte.
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