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Un ramadan sous les tentes, entre espoir et ruines

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Pour la première fois depuis l’entrée en vigueur d’une trêve, les habitants de Gaza observent le mois sacré. La ferveur religieuse et quelques instants de liesse contrastent avec un quotidien marqué par la précarité et les stigmates persistants du conflit.

Au cœur des camps de fortune qui s’étendent à l’infini, des lumières ont été suspendues aux bâches et des lanternes allumées à la nuit tombée. L’arrivée du ramadan a apporté avec elle une fragile respiration pour les Palestiniens de l’enclave, après des années de violences. Les prières du petit matin ont résonné dans la grande mosquée Omari de Gaza-ville, un symbole de résilience pour des fidèles qui affirment braver les difficultés pour se recueillir.

Malgré l’accord de cessez-le-feu intervenu plusieurs mois plus tôt, la situation reste tendue. Des échanges de tirs et des frappes ponctuelles sont encore signalés régulièrement, chaque partie se rejetant la responsabilité des violations. Pour une population majoritairement déplacée, la perspective d’une reconstruction significative ou d’un allègement du blocus semble lointaine. L’ombre du conflit passé plane toujours.

L’ambiance est empreinte de contrastes. Si certains marchés proposent désormais davantage de denrées, l’inflation rend les produits traditionnels du mois sacré inaccessibles pour de nombreuses familles. Les repas de rupture du jeûne, autrefois fastueux et collectifs, se résument souvent à des portions modestes. La joie des enfants devant les décorations improvisées coexiste avec le souvenir douloureux des absents, qu’ils aient péri, disparu ou soient détenus.

Dans ce contexte, les gestes les plus simples prennent une valeur particulière. Des sculptures de sable saluant le ramadan ont été façonnées sur une plage, message adressé à l’extérieur comme une déclaration de persévérance. Sous les abris de fortune, des familles tentent de recréer une atmosphère festive, cherchant à offrir à leurs enfants un semblant de normalité. L’espoir demeure que ce mois de recueillement soit le dernier passé dans ces conditions de grande précarité, alors que les besoins essentiels restent immenses et que l’avenir incertain.

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