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Un observatoire citoyen pour mesurer le déclin des oiseaux communs

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La Ligue pour la protection des oiseaux mobilise ce week-end des dizaines de milliers de volontaires pour un comptage national. Les données recueillies, essentielles pour la science, confirment une érosion préoccupante des populations aviaires dans les espaces urbains et ruraux.

Le phénomène est désormais bien documenté. Les espèces d’oiseaux les plus familières, comme la mésange bleue ou le verdier d’Europe, se font plus discrètes dans nos jardins et nos parcs. Afin de quantifier avec précision cette tendance, la Ligue pour la protection des oiseaux organise une nouvelle session de son opération de science participative. Ce dispositif, qui repose sur l’engagement de citoyens, permet de collecter des informations précieuses sur l’évolution à long terme des populations.

L’an passé, près de six cent mille observations ont été enregistrées à l’occasion de ces comptages, un chiffre en augmentation constante. Depuis le lancement de l’initiative en 2012, plus de six millions de données ont été agrégées grâce à la contribution de cent mille observateurs. Ce volume constitue un record pour une opération de ce type en France. Ces informations viennent compléter les travaux des scientifiques et offrent une photographie détaillée de l’état de santé de l’avifaune commune.

Les résultats sont sans appel. L’observatoire, mené en partenariat avec le Muséum national d’histoire naturelle, révèle que quarante et un pour cent des espèces fréquentant les parcs et jardins ont vu leurs effectifs diminuer sur la dernière décennie. Cette tendance s’explique principalement par la régression des habitats naturels, la diminution des ressources alimentaires et les effets du changement climatique. La majorité de ces oiseaux étant insectivores, le recul dramatique des populations d’insectes, lié notamment à l’usage des pesticides, affecte directement leur survie et leur capacité de reproduction.

Cette situation reflète une dynamique observée à l’échelle mondiale. Selon les dernières évaluations, six espèces d’oiseaux sur dix sont en déclin à travers la planète. En France, plus de deux cent quatre-vingts espèces sont considérées comme menacées. Certaines, comme le moineau friquet, ont connu un effondrement de leurs populations, avec une chute de soixante pour cent au niveau national. Les espèces spécialisées, dépendantes exclusivement des insectes, comme le martinet noir ou les hirondelles, sont particulièrement vulnérables.

À l’inverse, les oiseaux au régime alimentaire plus flexible, à l’image du moineau commun, parviennent mieux à s’adapter et restent fréquemment observés. Le protocole de comptage, conçu pour être à la fois rigoureux et accessible, invite chaque participant à se poster pendant une heure dans un lieu défini, comme un jardin ou un balcon, et à noter toutes les espèces qui s’y posent. Une vigilance particulière est demandée pour éviter de compter plusieurs fois le même individu. Les observations sont ensuite saisies sur une plateforme dédiée.

Outre cette session hivernale, un autre week-end de comptage est programmé à la fin du mois de mai, afin d’évaluer les populations durant la période de nidification. Ces données, analysées par les experts, permettent d’orienter les politiques de conservation et de sensibiliser le grand public à l’urgence de préserver la biodiversité ordinaire.

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