Monde
Un mois après le drame de Wang Fuk Court, le poids du deuil et des questions
Un mois après l’incendie qui a ravagé un complexe résidentiel de Hong Kong, les survivants et les familles des victimes affrontent une douleur profonde et des interrogations persistantes sur les circonstances du sinistre.
Sur l’écran de son téléphone, Yip Ka-kui fait défiler des clichés de voyages passés, souvenirs lumineux d’une vie partagée avec son épouse, Pak Shui-lin. Ces images sont désormais tout ce qui lui reste de celle qui a péri dans l’incendie du complexe de Wang Fuk Court, le plus grave qu’ait connu la métropole depuis des décennies. Comme des milliers d’autres personnes, ce retraité de soixante-huit ans a vu son existence basculer en quelques heures, dans une ville réputée pour sa sécurité et son développement.
Les autorités poursuivent leurs investigations et les opérations de secours, mais les spécialistes s’accordent à dire que les séquelles psychologiques seront durables pour les rescapés, les proches des disparus et les témoins. Yip Ka-kui est rongé par un sentiment de culpabilité. Il estime avoir prévenu son épouse trop tard, l’empêchant ainsi de fuir à temps. Le soir du sinistre, les flammes ont rapidement envahi sept des huit tours de l’ensemble immobilier, alors en cours de rénovation. Des filets de protection, dont la qualité est mise en cause, auraient pu contribuer à la propagation du feu. L’homme s’est échappé le premier. Son épouse, elle, est restée pour alerter les voisins, les alarmes incendie n’ayant pas fonctionné. Ce décalage de quelques minutes lui a été fatal.
Face à l’ampleur du choc, des psychologues se sont mobilisés pour apporter un soutien aux résidents déplacés. Isaac Yu, l’un d’entre eux, confie que l’intensité et l’immédiateté de la détresse ont dépassé tout ce pour quoi lui et ses collègues étaient préparés. Il observe que certaines personnes ayant tout perdu peuvent paraître stoïques dans un premier temps, mais redoute des effondrements ultérieurs et l’apparition d’états de stress post-traumatique. Des organisations non gouvernementales proposent des services d’accompagnement psychologique, tandis que de nombreux habitants ont suivi les événements de manière compulsive, une exposition qui peut générer une charge mentale importante. Le spécialiste s’inquiète de ne pas pouvoir atteindre ceux qui n’osent pas demander de l’aide, au risque de voir des situations individuelles s’aggraver.
Pour les familles, l’attente reste un supplice. Johnson Wong, directeur commercial, évoque les difficultés de sa famille à surmonter son chagrin alors que deux de leurs proches sont toujours portés disparus. Si la majorité des corps ont été identifiés, certains ont été réduits à l’état de cendres, nécessitant de fastidieuses analyses ADN. Le bilan définitif pourrait donc encore évoluer. L’épouse de M. Wong nourrissait l’espoir de retrouver sa sœur et sa mère saines et sauves. Cet espoir s’est presque éteint lorsqu’on lui a présenté des photographies de deux dépouilles carbonisées découvertes dans leur appartement. Il s’interroge sur l’avenir de sa nièce, étudiante, qui a probablement perdu son dernier parent. Le chemin vers l’apaisement sera long.
Les questions sur les causes et les responsabilités demeurent entières. Yip Ka-kui, qui a trouvé refuge chez ses fils, souhaiterait que son logement soit reconstruit à l’identique. Les pouvoirs publics n’ont pour l’instant pas arrêté de décision concernant la rénovation ou la démolition du complexe sinistré, un processus que des professionnels du secteur estiment pouvoir s’étaler sur plusieurs années. Une commission d’enquête a visité les lieux et doit rendre ses conclusions dans un délai de neuf mois. Début décembre, la police a annoncé l’interpellation de vingt-et-une personnes liées à des entreprises de construction et de sous-traitance, principalement pour homicide involontaire. M. Yip espère que les investigations permettront d’éclaircir les nombreux points qu’il juge « incompréhensibles ». Johnson Wong, quant à lui, se montre plus amer. Obtenir des réponses est une chose, mais cela suffira-t-il à panser des plaies si profondes ?
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