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Un Français au fournil pour réchauffer l’Ukraine

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Dans un village près de Kiev, un boulanger itinérant pétrit et cuit chaque jour des centaines de pains qu’il offre aux habitants. Son geste simple apporte un peu de chaleur humaine face aux privations de l’hiver.

Garé dans une rue de Borodianka, un camion blanc diffuse une odeur familière au milieu du froid mordant. À son bord, Loïc Nervi façonne la pâte avec une application silencieuse, avant d’enfourner des dizaines de pains. Ce Français, qui se définit comme un « boulanger sans frontières », a converti son véhicule en fournil humanitaire. Chaque matin, il produit près de sept cents miches qu’il distribue gratuitement aux résidents de cette localité de la région de Kiev, où beaucoup ont tout perdu.

Son action répond à un besoin concret, dans un contexte où les infrastructures énergétiques ukrainiennes, régulièrement visées, peinent à assurer un approvisionnement stable en électricité et en chauffage. Pour les personnes âgées ou isolées, souvent privées de soutien familial ou institutionnel, cette distribution représente bien plus qu’un simple aliment. Depuis le début du conflit, l’artisan affirme avoir offert plusieurs dizaines de milliers de pains à travers le pays.

Il propose deux recettes, pensées pour leur qualité nutritive. L’une, aux graines de tournesol, de sésame, de pavot et de lin, vise à apporter des ressources énergétiques. L’autre, un pain blanc moelleux enrichi de lait, d’œufs et de sucre, offre une douceur réconfortante. Les files d’attente devant son camion témoignent de l’importance de cette initiative. Pour de nombreux habitants, ces distributions constituent parfois le seul repas chaud de la journée, dans des conditions hivernales où les températures peuvent chuter bien en dessous de zéro.

Ce dévouement a un prix personnel. Loïc Nervi évoque les sacrifices consentis par sa famille, qu’il quitte régulièrement pour ses missions. Il constate aussi, avec une certaine amertume, ce qu’il perçoit comme un essoufflement de la solidarité en France. Pourtant, il persiste, convaincu de la nécessité de son engagement. Alors que les coupures de courant plongent fréquemment les foyers dans le froid et l’obscurité, un pain frais devient un symbole tangible de résistance et de chaleur partagée.

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