Monde
Un fossé générationnel à l’heure du scrutin
À Mayitoukou, un village congolais, l’approche de l’élection présidentielle cristallise un profond désaccord entre une jeunesse désœuvrée et des aînés attachés à la stabilité.
Le chef du village, octogénaire, observe d’un œil réprobateur un groupe de jeunes hommes attablés. Pour lui, leur inertie et leurs jeux de cartes au bord de la route symbolisent un renoncement coupable. Il exhorte pourtant cette jeunesse à se rendre aux urnes dimanche, convaincu que la réélection du chef de l’État, au pouvoir depuis des décennies, est la seule garantie de paix pour le pays. Cette conviction s’enracine dans le souvenir encore vif des conflits passés qui ont dévasté la région du Pool, où se niche Mayitoukou.
Mais l’appel du patriarche se heurte à un mur de désillusion. Pour nombre de ces hommes dans la vingtaine ou la trentaine, le scrutin ne suscite aucun enthousiasme. Ils estiment que le cycle politique est immuable et ne répond pas à leurs préoccupations immédiates. Après des tentatives infructueuses de trouver un avenir meilleur dans la capitale pourtant visible à l’horizon, ils sont revenus au village. Ils y survivent désormais en produisant du charbon de bois, une activité qui procure des revenus irréguliers mais immédiats, au grand dam des anciens.
Ces derniers voient dans cette économie de survie une recherche d’argent facile et une dégradation de l’environnement, les forêts d’antan ayant laissé place à une brousse clairsemée. Ils prônent, à l’image des directives nationales, un retour à l’agriculture traditionnelle, un labeur pénible et peu rémunérateur auquel peu de jeunes consentent. Cette divergence de visions nourrit un climat de défiance réciproque. Les aînés se plaignent de voir leur autorité bafouée et leurs conseils ignorés, voire moqués.
Le fossé semble ainsi moins idéologique que matériel et existentiel. D’un côté, une génération marquée par les traumatismes de la guerre et pour qui la sécurité prime. De l’autre, une jeunesse confrontée à une précarité chronique, en manque de perspectives, et pour qui le mot d’ordre de stabilité sonne creux face à l’absence d’horizon économique. Le scrutin présidentiel, dont l’issue ne fait guère de doute, agit comme un révélateur de cette fracture bien plus ancienne, où le dialogue entre les âges paraît rompu.
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