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Politique

Un élu RN suscite l’indignation en évoquant le génocide des Tutsi

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_**Les propos tenus lors d’un débat budgétaire ont provoqué une levée de boucliers dans l’hémicycle, plusieurs groupes parlementaires exigeant des sanctions.**_

Un élu du Rassemblement National a déclenché une onde de choc à l’Assemblée nationale jeudi. Intervenant dans le cadre de l’examen du pacte Dutreil, le député Frédéric Pierre-Vos a fait référence, sur un ton jugé ironique, au génocide des Tutsi au Rwanda. Sa comparaison, assimilant les débats fiscaux à ce crime de masse, a immédiatement été perçue comme profondément déplacée et offensante.

La réaction fut vive et quasi unanime. La cheffe du groupe écologiste a fustigé des déclarations qu’elle a qualifiées d’absolument honteuses, y décelant une forme de négationnisme. Un parlementaire de la majorité présidentielle, originaire du Rwanda et orphelin tutsi, a pour sa part dénoncé une inversion insupportable des rôles entre victimes et bourreaux. Il a souligné le caractère intolérable de ces mots, estimant qu’ils révélaient le long chemin restant à parcourir pour une pleine reconnaissance historique de ce génocide.

Le groupe présidentiel a également exprimé sa réprobation sur les réseaux sociaux, s’étonnant qu’un élu puisse, trente ans après les faits et sous les applaudissements de certains collègues, user d’un tel événement à des fins de rhétorique politique. Le président du groupe socialiste a quant à lui demandé que le bureau de l’Assemblée, instance habilitée à prononcer les sanctions disciplinaires les plus sévères, se saisisse de cette affaire en raison de sa gravité. La présidente de séance a confirmé qu’elle en informerait la présidente de l’Assemblée.

Face à la tempête soulevée, un porte-parole du RN a présenté les excuses de son groupe, affirmant honorer la mémoire des victimes du génocide rwandais. Ce dernier, survenu en 1994, a causé la mort de plus de huit cent mille personnes selon les estimations des Nations unies, en très grande majorité des Tutsi. L’incident illustre la sensibilité extrême qui entoure l’évocation de ce crime contre l’humanité dans l’arène politique française.

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