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Faits Divers

Un baron présumé de la drogue marseillais face à la justice

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_**Pour la première fois depuis son extradition, Karim Harrat, figure centrale des trafics dans le sud de la France, comparaît devant le tribunal correctionnel de Marseille.**_

L’homme de 37 ans, considéré comme un acteur majeur du narcobanditisme avant l’émergence de la DZ Mafia, est jugé cette semaine pour avoir dirigé depuis Dubaï un vaste réseau de vente de stupéfiants. Ce procès, qui s’ouvre par des accusations de gestion de points de deal à Marseille et à Nice, précède une série d’audiences bien plus lourdes, portant sur plusieurs homicides.

Extradé du Maroc il y a trois ans et transféré d’une prison sécurisée du Pas-de-Calais, l’intéressé, vêtu d’un pull beige et portant une barbe de trois jours, a fait sa première apparition publique dans un box d’audience. Son attitude, d’abord agitée, a nécessité l’intervention du président du tribunal pour le sommer de se contenir. Il doit s’expliquer mardi, rompant ainsi un silence judiciaire qu’il avait observé jusqu’alors, se bornant à contester l’ensemble des faits qui lui sont reprochés.

L’instruction s’appuie principalement sur des milliers de conversations issues de la messagerie cryptée Sky ECC, démantelée en 2021. Ces échanges, attribués à un pseudonyme que l’accusé récuse, dépeignent un dirigeant aux commandes opérationnelles malgré la distance. Les messages ordonnent des livraisons de plusieurs kilos de produits, assurent le maintien de l’activité pendant le confinement malgré les restrictions sanitaires, et revendiquent avec force la propriété de plusieurs cités sensibles de l’agglomération marseillaise.

L’atmosphère de crainte qu’inspirerait l’individu semble persistante. Un de ses co-prévenus a immédiatement refusé de répondre à toute question le concernant, une réticence que le magistrat a reliée à des messages menaçants présents dans le dossier. Cinq autres personnes, dont une femme, sont jugées à ses côtés pour des rôles supposés de logistique, de comptabilité ou d’extension du réseau sur la Côte d’Azur. Un sixième accusé est en fuite.

Ce procès correctionnel n’est qu’un prélude. Karim Harrat doit en effet répondre devant la cour d’assises à partir du mois de mars pour une affaire de double meurtre. À l’automne, un autre procès pour triple homicide l’attendra, dans lequel il est soupçonné d’être le commanditaire. Parmi les victimes figure le frère aîné d’Amine Kessaci, une personnalité connue pour son engagement contre le trafic de drogue. Une information judiciaire distincte le concerne également pour un assassinat survenu sur une autorité proche de Marseille.

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