Nous rejoindre sur les réseaux

Faits Divers

Un ancien fonctionnaire condamné pour homicide lors d’une interpellation à Nantes

Article

le

_**La justice a prononcé une peine de sept ans de réclusion criminelle à l’encontre d’un policier retraité, rejetant la version d’un tir accidentel lors d’un contrôle routier en 2018.**_

La cour criminelle de Loire-Atlantique a rendu son verdict vendredi, sanctionnant sévèrement l’auteur du coup de feu mortel qui a coûté la vie à Aboubacar Fofana, un jeune homme de 22 ans. Les magistrats ont estimé que les violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner étaient établies, écartant ainsi la thèse de la légitime défense et celle d’un accident soutenue par la défense. La peine prononcée excède notablement les réquisitions du parquet, qui avait requis quatre ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis.

L’affaire remonte à un contrôle de police intervenu dans le quartier du Breil, à Nantes, au mois de juillet 2018. Le jeune homme, qui circulait au volant d’un véhicule et faisait l’objet d’un mandat d’arrêt, avait présenté une fausse identité aux forces de l’ordre. Alors que les fonctionnaires envisageaient de le conduire au commissariat, une manœuvre de fuite en marche arrière a entraîné une collision avec une voiture stationnée. C’est au cours de cet épisode que l’agent, alors brigadier-chef dans une compagnie de CRS, a fait usage de son arme. La balle a atteint la victime à la nuque, provoquant son décès peu après à l’hôpital.

Tout au long de la procédure, le policier a modifié ses déclarations concernant les circonstances exactes du drame. Il a d’abord évoqué un geste involontaire alors qu’il était penché à l’intérieur de l’habitacle, avant de reconnaître en audience que le coup de feu était parti lors d’un corps à corps, alors qu’il se tenait à l’extérieur du véhicule. Les conclusions des expertises balistiques et médico-légales ont confirmé cette dernière version, attestant que le tireur se situait bien hors de la voiture au moment des faits.

L’avocat de la défense a immédiatement annoncé son intention de faire appel, qualifiant la décision de justice d’inhumaine. À l’inverse, le conseil de la famille de la victime a salué un verdict qui, selon lui, répond à la gravité des événements. Lors des débats, la partie civile avait insisté sur le nécessaire respect du principe d’égalité devant la loi, soulignant qu’aucun citoyen ne devait se sentir privilégié ou, à l’inverse, discriminé par l’institution judiciaire.

Cet épisode tragique avait provoqué, à l’époque, plusieurs soirées de tensions dans certains secteurs de l’agglomération nantaise. L’agent condamné, qui avait évoqué durant le procès son attachement à son métier, avait fait l’objet d’une sanction administrative quelques mois après les faits. La cour a ordonné son incarcération immédiate par le biais d’un mandat de dépôt.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus