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Un accord institutionnel signé à Paris pour relancer l’avenir calédonien
_**Après des négociations marathon, les principales forces politiques de l’archipel, à l’exception notable du FLNKS, ont scellé un texte visant à sortir de l’impasse. La ratification parlementaire et l’adhésion populaire constituent désormais les principaux défis.**_
Les représentants de la Nouvelle-Calédonie et de l’État ont conclu, ce lundi à Paris, un nouvel accord destiné à redynamiser le processus politique local. Ce document, intitulé « accord Élysée-Oudinot », fait suite aux discussions entamées à Bougival en juillet dernier. Il ambitionne de dépasser le blocage survenu après le rejet de l’accord initial par le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), qui a choisi de ne pas participer à cette dernière phase de discussions.
Le texte signé reprend et précise plusieurs dispositions centrales. Il réaffirme la reconnaissance de l’identité kanak tout en appelant à poursuivre la construction d’une identité calédonienne commune. Par ailleurs, il consacre le droit à l’autodétermination pour l’archipel, en précisant que son exercice futur devra s’inscrire dans un cadre pérenne de transfert de compétences depuis l’État. Un volet économique et social distinct, portant sur les engagements financiers de la France, a également été acté.
L’absence de la principale formation indépendantiste historique marque toutefois cette avancée d’une ombre portée. Les observateurs soulignent qu’aucun accord politique durable n’a jamais pu être mis en œuvre sans l’adhésion du FLNKS. Les signataires ont cependant indiqué que la porte restait ouverte à un ralliement ultérieur.
Le chemin vers une mise en œuvre effective reste semé d’embûches. Le calendrier prévu est extrêmement serré. Il prévoit l’adoption d’une révision constitutionnelle par le Parlement au printemps, suivie d’une consultation de la population calédonienne au cours de l’été. Une loi organique devrait ensuite être votée à l’automne. La tenue des élections provinciales, reportées à plusieurs reprises, est envisagée avant la fin de l’année 2026.
La révision constitutionnelle projetée inscrirait la création d’un « État de la Nouvelle-Calédonie » au sein de la République, doté d’une nationalité propre. Elle organiserait également la modification progressive du corps électoral pour les scrutins provinciaux, une question éminemment sensible. Le gel de ce corps électoral, en vigueur depuis les accords de Nouméa, est perçu par les non-indépendantistes comme un archaïsme, tandis que les indépendantistes y voient une garantie contre la dilution du vote kanak. Son dégel avait été au cœur des tensions ayant conduit aux violences de mai 2024.
La ratification parlementaire constitue un premier obstacle de taille. Le gouvernement devra convaincre une majorité des trois cinquièmes au Congrès, réunion de l’Assemblée nationale et du Sénat, un seuil qui n’est aujourd’hui pas acquis compte tenu des positions divergentes des différents groupes politiques. L’issue de la consultation populaire en Nouvelle-Calédonie elle-même reste incertaine dans un contexte toujours marqué par de profondes divisions.
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