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Trump fragilise les médias publics locaux, pilier de l’information américaine

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Le président américain obtient la suppression de subventions fédérales vitales pour des centaines de radios et télévisions de proximité, au risque de priver des régions entières de services essentiels.

L’administration républicaine vient de franchir une étape décisive dans son offensive contre les médias publics. Le Congrès a validé la suppression de 1,1 milliard de dollars de financements déjà votés pour la Corporation for Public Broadcasting (CPB), structure créée en 1967 qui soutient notamment les réseaux nationaux NPR et PBS, mais surtout près de 1 500 stations locales réparties sur l’ensemble du territoire.

Ces coupes budgétaires menacent directement l’existence de nombreuses antennes régionales, particulièrement dans les zones rurales. La CPB représente jusqu’à 26 % des ressources pour certaines structures comme Prairie Public dans le Dakota du Nord. « Nous devrons faire des choix douloureux sur les programmes à maintenir », explique le responsable d’un réseau du Dakota du Sud, où ces médias constituent souvent le seul lien informationnel entre communautés dispersées.

La Maison Blanche justifie cette décision par son rejet des « médias de gauche financés par l’État », selon les termes de sa porte-parole. Une rhétorique qui tranche avec la réalité du terrain, où ces stations jouent un rôle technique et social bien au-delà des clivages politiques. Elles assurent notamment la diffusion d’alertes météorologiques ou sanitaires dans des régions mal desservies par les réseaux privés.

Cette mesure s’inscrit dans le cadre plus large d’un déclin préoccupant de l’information locale aux États-Unis. Près de 3 300 journaux ont disparu depuis 2005, tandis que la densité journalistique a chuté de 80 % en vingt ans. Les experts soulignent le paradoxe d’une décision qui fragilise des médias souvent appréciés localement, y compris dans des bastions républicains, au nom d’une idéologie anti-élitiste.

Le projet, inspiré par le think tank conservateur Heritage Foundation, fait l’économie d’une solution alternative pour remplacer ces services publics. Ses promoteurs estiment que les autorités locales pourraient organiser des systèmes d’alerte moins coûteux, sans démontrer comment elles compenseraient l’ensemble des missions assumées par ces réseaux. Une incertitude qui laisse présager des déserts informationnels dans de nombreuses régions américaines.

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