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Trois destins sud-coréens face à la loi martiale

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_**Un an après la déclaration de l’état d’urgence par le pouvoir, trois citoyens racontent comment cette nuit a redéfini leur existence et leurs convictions.**_

Ce soir de décembre, l’annonce présidentielle a soudainement interrompu les programmes télévisés. L’exécutif a justifié l’instauration de la loi martiale par la nécessité de contrer des menaces internes, ordonnant à l’armée d’encercler le Parlement. Alors que des blindés prenaient position, un groupe de parlementaires a réussi à se réunir pour voter l’abrogation de la mesure. Dans la rue, des milliers de personnes exprimaient leur refus de ce retour à un ordre autoritaire.

Élu sous la bannière du parti au pouvoir, un jeune député s’est immédiatement rendu à l’Assemblée nationale. Confronté à des militaires en armes, il a estimé de son devoir de voter le rétablissement de l’ordre constitutionnel. Il a ensuite œuvré à rassembler des soutiens au sein de sa propre formation politique pour permettre le vote d’une motion de destitution. Isolé et critiqué par ses anciens alliés, il a finalement apporté son soutien à l’opposition. Il affirme aujourd’hui avoir trouvé, à travers ces événements, une nouvelle direction politique et une forme de sérénité.

Au ministère de la Justice, un haut fonctionnaire chargé du contrôle légal a assisté à une réunion convoquée dans la foulée de la proclamation. Apprenant que les travaux porteraient sur la mise en œuvre de la loi martiale, il a immédiatement rédigé sa lettre de démission. Il a été le seul membre de l’administration à prendre cette décision durant la crise. Désormais éloigné de la fonction publique, il consacre son temps à des activités personnelles. Il reste persuadé que de nombreux collègues partageaient ses réserves, sans pour autant les exprimer.

Une étudiante, récemment titulaire de son permis de conduire, s’est précipitée avec ses parents vers le quartier parlementaire. Sa famille, ayant connu les périodes autoritaires du passé, percevait la gravité de la situation. Sur place, bien que le siège de l’Assemblée ait déjà été levé, elle a aperçu un véhicule blindé se dirigeant vers le bâtiment. Elle s’est alors placée délibérément sur sa trajectoire. Les semaines suivantes, elle a participé aux rassemblements populaires qui ont émaillé l’hiver. Cette expérience collective l’a profondément marquée et lui a donné le désir de s’engager davantage dans la vie universitaire et citoyenne. Elle déclare vouloir incarner la même détermination à l’avenir.

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