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Tensions frontalières entre la Thaïlande et le Cambodge menacent de dégénérer

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Plus de 138 000 civils ont fui les zones de combat, alors que les deux pays évoquent un risque d’escalade militaire.

Les violents affrontements qui se poursuivent à la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge ont provoqué un exode massif de populations civiles. Les autorités thaïlandaises ont annoncé l’évacuation de plus de 138 000 personnes, tandis que les échanges de tirs, impliquant artillerie, blindés et avions de combat, font craindre une dégradation majeure de la situation.

Les bilans provisoires font état de plusieurs victimes des deux côtés. Bangkok rapporte quinze morts, dont un militaire, et une quarantaine de blessés. Phnom Penh déplore pour sa part un civil tué et cinq blessés. Les deux capitales s’accusent mutuellement d’avoir déclenché les hostilités et rejettent les accusations de ciblage délibéré d’infrastructures non militaires.

Face à la gravité des événements, le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir en urgence à la demande du Cambodge. Le Premier ministre thaïlandais par intérim a lui-même reconnu que la situation pourrait « devenir une guerre » si les tensions ne sont pas rapidement désamorcées. Des appels à la retenue ont été lancés par plusieurs pays, dont les États-Unis, la France et la Chine, ainsi que par l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean).

Ce regain de violence s’inscrit dans un contentieux frontalier ancien, marqué par des épisodes similaires en 2008 et 2011 autour du temple de Preah Vihear. Les deux pays contestent toujours le tracé de leur frontière commune, hérité de la période coloniale. La récente escalade a été déclenchée après la mort d’un soldat cambodgien fin mai, suivie de l’expulsion réciproque des ambassadeurs des deux pays.

Sur le terrain, les civils paient un lourd tribut. Dans la province cambodgienne d’Oddar Meanchey, des familles entières ont trouvé refuge dans des temples bouddhistes, sans savoir quand elles pourront regagner leurs foyers. Les observateurs internationaux redoutent une prolongation du conflit, alors que ni la Thaïlande ni le Cambodge ne semblent disposés à faire les premiers pas vers une désescalade.

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