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Tensions électorales et contestation populaire en Tanzanie

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Alors que les Tanzaniens se rendaient aux urnes pour des élections présidentielle et législatives, des manifestations hostiles au pouvoir ont éclaté dans la capitale économique, accompagnées d’une coupure généralisée d’internet sur l’ensemble du territoire.

Des centaines de protestataires ont envahi les artères de Dar es Salam mercredi, exprimant leur rejet du gouvernement en place. Un poste de police a été incendié sur l’axe principal menant au port, tandis que des jeunes scandaient des slogans réclamant le changement politique. Les forces de l’ordre, initialement déployées pour contenir le mouvement, se sont retrouvées en difficulté face à l’ampleur de la mobilisation.

Le mécontentement populaire vise directement la présidente Samia Suluhu Hassan, première femme à diriger le pays, dont les affiches de campagne ont été systématiquement vandalisées durant les manifestations. Si elle avait initialement bénéficié d’un capital de sympathie pour avoir assoupli certaines mesures restrictives de son prédécesseur, la chef de l’État est aujourd’hui accusée de durcir la répression contre ses détracteurs.

La situation électorale apparaît particulièrement tendue, avec l’exclusion du principal parti d’opposition, Chadema, de la course présidentielle. Cette formation a appelé au boycott du scrutin après avoir refusé de parapher le code électoral, jugé insuffisamment réformateur. Son leader, Tundu Lissu, actuellement poursuivi pour trahison, avait déjà affronté le pouvoir lors du précédent scrutin.

Un élément notable a été l’attitude passive des militaires observés à proximité des manifestations, certains analystes y voyant un signe de sympathie discrète envers les contestataires. Une communicante de l’opposition a d’ailleurs affirmé sur les réseaux sociaux que l’armée « protégeait » les rassemblements protestataires.

La perturbation des communications internet, confirmée par des observateurs numériques, a coïncidé avec une participation électorale en net retrait par rapport aux précédentes consultations. De nombreux bureaux de vote sont restés déserts en début de journée, certains électeurs citant les risques sécuritaires pour justifier leur abstention.

La veille du scrutin, des organisations de défense des droits humains avaient dénoncé une recrudescence des violations, incluant disparitions forcées et arrestations arbitraires ciblant principalement les opposants politiques. Le barreau du Tanganyika fait état de quatre-vingt-trois disparitions enregistrées depuis l’accession au pouvoir de l’actuelle présidente.

L’archipel semi-autonome de Zanzibar présente un tableau contrasté, avec une participation plus soutenue et des appels au calme diffusés sur les ondes radiophoniques locales. Cette région, qui dispose de ses propres institutions, connaît traditionnellement un déroulement électoral distinct du continent, bien que souvent marqué par des contentieux post-scrutin.

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