Nous rejoindre sur les réseaux

Planète

Tara Polar Station, une sentinelle des glaces prête pour l’épreuve du temps

Article

le

Après huit mois d’essais concluants en conditions extrêmes, le nouveau navire-laboratoire de la fondation Tara Océan a regagné son port d’attache. Il se prépare désormais pour une dérive historique de quatorze mois au cœur de l’océan Arctique, prévue à l’été 2026.

Le Tara Polar Station a effectué son retour au port de Cherbourg fin janvier, marquant la fin d’une campagne de tests approfondie dans les eaux nordiques. Conçu et construit par les Constructions Mécaniques de Normandie pour résister aux pressions de la banquise, ce bâtiment scientifique unique a démontré ses capacités lors d’un périple en trois étapes, des abords du Svalbard jusqu’au golfe de Finlande en plein hiver. Les responsables du projet se disent satisfaits des performances du navire, qualifié de « très bien né » à l’issue de cette première mise à l’épreuve.

Quelques ajustements techniques sont désormais en cours avant le lancement de la mission principale. Celle-ci consistera en une dérive de quatorze mois, à partir de juillet 2026, durant laquelle le navire se laissera volontairement emprisonner par les glaces du pôle Nord. Il progressera au gré des courants, à une vitesse moyenne estimée à dix kilomètres par jour, transformé en observatoire permanent des écosystèmes arctiques. Cette première expédition s’inscrit dans un programme ambitieux prévoyant dix campagnes similaires jusqu’en 2045.

À son bord, une communauté internationale de chercheurs prendra place. L’équipe hivernale comptera douze personnes, dont six marins, pour atteindre dix-huit membres en période estivale. Ces scientifiques, issus d’un consortium de quarante instituts répartis dans quinze pays, auront pour objectif de décrypter la dynamique de cet océan, considéré comme une zone sentinelle du changement climatique. Les données recueillies viseront à mieux comprendre des processus qui y évoluent à un rythme accéléré par rapport au reste de la planète.

La vie à bord, dans un environnement aussi hostile, représente un défi en soi. Les concepteurs du navire ont dû concilier des impératifs parfois contradictoires entre les normes maritimes, les exigences du confort pour de longs séjours et les besoins opérationnels de la recherche. Pour les futurs résidents, l’expérience promet d’être intense, alternant entre l’obscurité totale de la nuit polaire, des températures extrêmes et des paysages glacés d’une beauté saisissante. Le financement annuel de ces missions, évalué à trois millions d’euros, est assuré par un partenariat associant des mécènes privés et des fonds publics.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus