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Soudan, le retour des démons du Darfour

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Le Haut-Commissaire aux réfugiés dénonce la résurgence des violences ethniques et l’indifférence internationale face à une crise humanitaire d’une ampleur catastrophique.

Les mêmes atrocités qui avaient marqué le conflit du Darfour il y a deux décennies se reproduisent aujourd’hui sous les yeux d’une communauté internationale distraite. Le constat est accablant. Violences à caractère ethnique, recrutement forcé d’enfants, mutilations et viols systématiques, les civils subissent une terreur méthodique dans l’indifférence générale.

Le conflit oppose depuis deux ans et demi les forces régulières aux paramilitaires des Forces de soutien rapide. Les combats se concentrent désormais dans les régions du Darfour et du Kordofan, où les civils paient le prix le plus lourd. Des millions de personnes ont été déplacées, dont quatre millions ont trouvé refuge dans des pays voisins déjà fragilisés.

La situation à El-Facher, dernière grande ville du Darfour-Nord aux mains de l’armée, est qualifiée de désastre humanitaire absolu. Après dix-huit mois de siège, des centaines de milliers de personnes y sont piégées, confrontées à la famine et au désespoir. Les organisations humanitaires peinent à leur porter assistance, faute de moyens suffisants.

Le financement de l’aide internationale connaît en effet des réductions massives, notamment de la part des donateurs européens et américains. Cette diminution des ressources intervient dans un contexte où les besoins n’ont jamais été aussi criants. Le chef de l’agence onusienne met en garde contre les conséquences stratégiques de ce désengagement, qui risque d’accroître les déplacements de population vers l’Europe.

Parallèlement, d’autres crises majeures, comme celle qui frappe la Birmanie, souffrent du même déficit d’attention. La guerre civile dans ce pays a provoqué le déplacement de trois millions de personnes, selon les estimations. La question des Rohingyas, minorité musulmane persécutée, reste entière et préoccupante.

Face à cette multiplication des foyers de tension, l’opinion publique internationale semble atteinte par une forme de saturation. La médiatisation sélective des conflits contribue à cette hiérarchisation involontaire de la souffrance. Pourtant, derrière chaque statistique se cachent des destins brisés et des vies sacrifiées sur l’autel de l’indifférence.

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