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Économie

Sanae Takaichi dissout la Diète et place la lutte contre la vie chère au centre de la bataille électorale

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La cheffe du gouvernement japonais a prononcé la dissolution de la chambre basse, ouvrant la voie à des législatives anticipées en février. La question du pouvoir d’achat, dans un contexte d’inflation persistante, s’annonce comme le principal thème de la campagne.

La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a officialisé ce vendredi la dissolution de la Chambre des représentants. Le scrutin législatif anticipé se tiendra le 8 février prochain. Cette décision intervient alors que l’exécutif, en poste depuis octobre dernier, cherche à consolider sa majorité parlementaire, actuellement très étroite, et à obtenir un mandat clair pour mettre en œuvre sa politique économique.

La publication, peu avant l’annonce, des derniers indicateurs sur les prix a immédiatement inscrit les préoccupations matérielles des ménages au cœur du débat politique. L’inflation sous-jacente a certes ralenti en décembre, s’établissant à 2,4% sur un an, mais les dépenses alimentaires continuent de progresser fortement, avec une hausse de 34% pour le riz. Après des décennies de déflation, le pays subit depuis plus de trois ans une pression continue sur le coût de la vie, accentuée par la faiblesse structurelle du yen.

Face à cette situation, l’équipe au pouvoir a dévoilé à l’automne un vaste plan de soutien aux particuliers et aux entreprises. La cheffe du gouvernement a récemment promis, pour les deux prochaines années, la suppression de la taxe sur la consommation appliquée aux produits alimentaires. Une mesure également réclamée par les formations d’opposition, qui proposent par ailleurs une révision des prélèvements sociaux.

Cette orientation budgétaire expansive, destinée à soulager la population, suscite toutefois des interrogations quant à son financement et à son impact sur la dette publique, qui dépasse déjà les 230% du produit intérieur brut. Les marchés financiers ont manifesté leur nervosité cette semaine, faisant grimper les rendements des obligations d’État à des niveaux records. L’attention se porte désormais sur les prochaines communications de la Banque du Japon, dont la politique monétaire doit concilier la maîtrise de l’inflation et la stabilité des taux d’intérêt.

Le paysage politique à l’approche du scrutin voit se dessiner une recomposition des forces en présence. Face au Parti libéral-démocrate au pouvoir et à son allié, plusieurs formations d’opposition, dont le Parti démocrate constitutionnel et le Komeito, ont formé une coalition centriste. Les observateurs estiment que l’issue du vote pourrait être serrée, tout en jugeant peu probable une alternance. La mobilisation des électeurs, en particulier parmi les jeunes générations qui accordent un soutien marqué à l’actuelle administration, constituera un facteur déterminant pour le résultat final.

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