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Sanae Takaichi devient la première femme à diriger le gouvernement japonais

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Le Japon tourne une page historique avec l’accession d’une femme au poste de Premier ministre. Sanae Takaichi, figure conservatrice, forme une coalition fragile pour assurer sa gouvernance.

L’archipel a désigné ce mardi sa première cheffe de gouvernement en la personne de Sanae Takaichi, élue par les deux chambres du Parlement. Âgée de 64 ans, cette dirigeante du Parti libéral-démocrate a succédé à Shigeru Ishiba après un vote lors d’une session extraordinaire. Visiblement émue, la nouvelle Première ministre s’est inclinée à plusieurs reprises devant les parlementaires avant que sa nomination ne soit entérinée par l’empereur Naruhito en fin de journée.

Son arrivée au pouvoir fait suite à une victoire interne au PLD début octobre, dans un contexte politique marqué par la perte de la majorité parlementaire de ce parti, au pouvoir depuis des décennies. Un scandale financier et le départ de son allié traditionnel, le Komeito, ont précipité la formation d’une nouvelle coalition avec le Parti japonais pour l’innovation. La stabilité de cette alliance sera déterminante pour la longévité du cinquième gouvernement en cinq ans, selon les observateurs politiques.

Si son élection a été saluée internationalement, notamment par la présidente de la Commission européenne, le nouveau gouvernement ne compte que deux femmes ministres, un chiffre identique à l’équipe précédente. Satsuki Katayama obtient le portefeuille des Finances et Kimi Onoda celui de la Sécurité économique, dans un pays classé au 118e rang mondial pour l’égalité des genres. La position de Mme Takaichi sur les questions sociétales, comme son opposition à la réforme du nom familial ou son soutien à la succession impériale masculine, reflète son ancrage à droite de l’échiquier politique.

Sur le plan économique, la dirigeante hérite du défi du déclin démographique et de la relance de la quatrième économie mondiale. Elle prône une hausse des dépenses publiques, une orientation qui a contribué à dynamiser les marchés financiers nippons. En matière de relations internationales, son discours s’est récemment modéré concernant la Chine, malgré des prises de position antérieures critiques. Elle a également évité tout geste provocateur en s’abstenant de visiter le sanctuaire Yasukuni, perçu comme un symbole du passé militariste du Japon par ses voisins.

La nouvelle Première ministre devra par ailleurs gérer les attentes de Washington, alors qu’une visite du président américain est annoncée. Les sujets sensels incluent les investissements bilatéraux, la dépendance énergétique à la Russie et le budget de la défense. Dans sa ville natale de Nara, des habitants expriment leur fierté tout en espérant une ligne ferme dans les négociations internationales.

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