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Rio de Janeiro sous le sceau de la violence policière

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Une opération antidrogue d’une ampleur inédite a provoqué la mort de plus de 130 personnes, selon les premiers décomptes, plongeant la ville dans une atmosphère de deuil et de colère.

Les favelas du Complexo da Penha et du Complexo do Alemao ont été le théâtre d’une intervention des forces de l’ordre d’une intensité exceptionnelle. Près de 2 500 policiers ont été déployés pour affronter les factions criminelles qui contrôlent ces quartiers populaires. Les autorités locales ont présenté cette action comme une réussite, évoquant une soixantaine de victimes, dont quatre membres des forces de l’ordre. Cependant, un organisme public chargé de l’assistance juridique aux plus démunis a avancé un bilan bien plus lourd, faisant état de 132 morts.

Sur le terrain, la population a été confrontée à des scènes de désolation. Des dizaines de dépouilles ont été alignées près des axes de circulation, dans une atmosphère marquée par l’odeur des corps et l’émotion des proches. Des habitants, visiblement bouleversés, ont aidé à récupérer les victimes, certains accusant les forces de l’ordre d’avoir procédé à des exécutions sommaires. Des témoignages font état de personnes tuées par balle dans la nuque ou dans le dos, et de corps présentant des traces de ligatures.

L’opération a paralysé une partie de la métropole, entraînant la fermeture des établissements scolaires et de sévères perturbations dans les transports. Des colonnes de fumée s’élevaient au-dessus des favelas, tandis que des tirs nourris retentissaient pendant de longues heures. Face à l’ampleur des événements, le gouverneur de l’État a ordonné un renforcement des patrouilles sur les principaux axes routiers.

La communauté internationale a exprimé son inquiétude, appelant à des investigations approfondies sur les circonstances des décès. Par ailleurs, des voix s’élèvent pour remettre en cause l’efficacité de telles opérations, jugées contre-productives tant que les sources de financement et d’approvisionnement en armes des groupes criminels ne sont pas taries.

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