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Retrouvailles émouvantes entre Druzes séparés par la frontière syro-israélienne

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Sur le plateau du Golan, des familles divisées par les conflits ont pu se revoir brièvement, dans un moment rare de répit.

Au cœur du plateau du Golan, une scène inhabituelle s’est déroulée ces derniers jours. Des membres de la communauté druze, séparés par des décennies de tensions géopolitiques, ont pu échanger quelques mots et gestes à travers les barbelés marquant la frontière entre Israël et la Syrie. Ces rencontres fugaces, rendues possibles par un assouplissement temporaire des contrôles militaires, ont suscité une émotion palpable parmi les participants.

Près du village de Majdal Shams, des dizaines de personnes se sont rassemblées, scrutant l’horizon dans l’espoir d’apercevoir un visage familier. Certains arboraient des drapeaux symbolisant leur appartenance commune à la foi druze, tandis que d’autres, plus âgés, observaient la scène avec une gravité silencieuse. La veille, plusieurs ressortissants syriens avaient franchi la ligne de démarcation, profitant d’une ouverture exceptionnelle des barrières.

Pour beaucoup, ces instants ont revêtu un caractère presque irréel. Une habitante locale évoque le sentiment de vivre « un rêve », après avoir pu serrer dans ses bras des proches qu’elle n’avait plus vus depuis des années. D’autres, comme cette femme d’une cinquantaine d’années, n’avaient jusqu’alors connu leurs cousins qu’à travers des photographies. Les retrouvailles, bien que brèves, ont donné lieu à des veillées improvisées, où les récits et les souvenirs ont circulé jusqu’à l’aube.

En fin de journée, plusieurs visiteurs venus de Syrie ont repris le chemin du retour, escortés par des militaires israéliens. Ces échanges, bien que limités, illustrent les liens persistants au sein d’une communauté éparpillée entre plusieurs États. Les Druzes d’Israël, dont certains servent dans les forces de sécurité du pays, entretiennent une relation complexe avec leurs coreligionnaires syriens, partagés entre solidarité confessionnelle et allégeances nationales divergentes.

Les récents affrontements en Syrie, qui ont touché plusieurs localités druzes, ont ajouté une urgence particulière à ces retrouvailles. Des voix s’élèvent pour réclamer une protection accrue en faveur des minorités vulnérables, tandis que d’autres insistent sur la nécessité de préserver ces rares ponts humains au-dessus des fractures politiques. Comme le résume un notable local, « les frontières sont une chose, mais la famille en est une autre ».

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