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Quatre ans de prison pour la destruction d’un symbole naturel britannique

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Deux hommes ont écopé d’une peine ferme après avoir scié un érable sycomore centenaire, monument végétal immortalisé au cinéma et cher au cœur des Anglais.

Le tribunal de Newcastle a rendu son verdict dans une affaire ayant profondément marqué l’opinion publique. Deux individus, âgés de 39 et 32 ans, ont été condamnés à quatre ans et trois mois d’emprisonnement pour avoir abattu, en septembre 2023, l’un des arbres les plus emblématiques du Royaume-Uni. Le Sycamore Gap Tree, situé près du mur d’Hadrien dans le Northumberland, avait acquis une renommée internationale après avoir figuré dans le film *Robin des Bois : Prince des voleurs*.

Les faits remontent à une nuit où les deux prévenus, équipés d’une tronçonneuse, avaient parcouru une quarantaine de minutes en voiture avant de marcher jusqu’au site. L’un d’eux avait filmé l’autre en train de couper l’érable, puis conservé un fragment du tronc en guise de trophée. Les dégâts matériels ont été estimés à plus de 450 000 livres sterling, sans compter l’impact symbolique.

Lors du procès, la juge a souligné le caractère prémédité de l’acte, qualifié de « mission débile » par l’accusation. Les deux hommes, initialement complices, s’étaient ensuite rejeté mutuellement la responsabilité. L’un d’eux avait minimisé la portée de leur geste, affirmant ne pas comprendre l’émotion suscitée par la disparition de ce qu’il considérait comme « juste un arbre ».

Le Sycamore Gap Tree, vieux de plus d’un siècle, était un lieu de pèlerinage pour les photographes et les promeneurs. Élu arbre de l’année en 2016, il avait également servi de décor à des cérémonies et rassemblements familiaux. Sa destruction avait provoqué une onde de choc bien au-delà des frontières britanniques, suscitant des réactions jusqu’au sein de l’Unesco, le mur d’Hadrien voisin étant classé au patrimoine mondial.

Aujourd’hui, des pousses issues de la souche et des graines récoltées donnent espoir en une renaissance. Quarante-neuf jeunes plants, soigneusement cultivés, doivent être replantés prochainement dans des lieux publics. Par ailleurs, une partie du tronc a été transformée en installation artistique interactive, permettant aux visiteurs de se recueillir sur ce symbole perdu.

Cette affaire rappelle la valeur tant affective que patrimoniale que peut incarner un arbre, bien au-delà de sa simple existence végétale. La sévérité de la peine reflète l’ampleur du préjudice causé, tant à l’environnement qu’à la mémoire collective.

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