Poussan
Poussan – Florence Sanchez ou l’art de la clarification tardive en situation de conflit d’intérêts
La campagne municipale à Poussan s’ouvre sur un cas d’école du conflit d’intérêts mal anticipé, mal géré, et maladroitement assumé. Une transparence qui arrive après coup, ce n’est plus une clarification, c’est un aveu tardif emballé en communication défensive.
En politique, certaines situations sont volontairement laissées dans le flou, tant que personne ne pose trop de questions. On avance, on décide, on communique, en évitant soigneusement les sujets susceptibles de créer un malaise. Le 20 décembre dernier, Florence Sanchez, maire de Poussan, a pourtant choisi de prendre la parole publiquement. Dans un long message diffusé sur les réseaux sociaux, elle a reconnu l’existence d’un lien familial avec un promoteur privé impliqué dans un projet immobilier structurant pour la commune, celui de la cave coopérative. Une prise de parole présentée comme un exercice de transparence, mais qui intervient surtout à un moment où le silence n’était plus tenable.
La maire explique donc que son fils a travaillé, entre 2023 et 2025, en alternance dans le service relations clients d’un promoteur appartenant au groupe GGL. Un parcours présenté comme classique, sans passe-droit, sans intervention maternelle, sans lien avec le projet poussannais. Il aurait travaillé sur des opérations montpelliéraines, aurait quitté l’entreprise à la fin de son contrat, et n’aurait exercé aucune influence sur le dossier local. Rideau. Circulez, il n’y a rien à voir.
Sauf que le problème n’est pas là. Il n’a jamais été là. La question n’est pas de savoir si le fils de la maire a participé ou non au projet de la cave coopérative. Elle n’est pas non plus de prouver une influence directe, cachée ou imaginaire. Le sujet, le vrai, est beaucoup plus basique, presque administratif. Ce lien familial n’a jamais été déclaré ! Il n’a jamais été porté à la connaissance du conseil municipal. Il n’a jamais donné lieu à un déport de Florence Sanchez lors des débats et des votes concernant un opérateur économique impliqué dans un projet majeur pour la commune.
La preuve est d’une simplicité désarmante. Personne n’en savait rien. Ni les élus. Ni les habitants. Cette information n’est apparue qu’au moment où la maire a choisi de la rendre publique. Tardivement. Défensivement. Une transparence rétroactive, en somme. Une transparence qui surgit quand les questions deviennent trop insistantes et que le silence n’est plus tenable.
Depuis le début de son mandat en 2020, la méthode « Sanchez » est pourtant constante. Toute interrogation devient une attaque. Toute demande d’explication est requalifiée en mise en cause personnelle. La communication se fait bouclier, parfois armure, et le débat de fond disparaît derrière une posture victimaire bien rodée. Or, la démocratie ne fonctionne pas à l’intention. Elle fonctionne à la règle. Et la règle est simple. Lorsqu’un élu se trouve dans une situation susceptible de créer un doute sur l’impartialité de ses décisions, le lien doit être déclaré, et des mesures de prévention doivent être prises. Le déport n’est ni une sanction ni un aveu. C’est une protection. Pour l’élu, pour l’institution, et pour la décision publique.
Dans le cas présent, cette protection n’a jamais été activée et les faits sont documentés par l’opposition. Entre 2023 et 2025, le groupe GGL et ses filiales ont été évoqués à de multiples reprises en conseil municipal. Questions diverses, débats budgétaires, décisions modificatives, orientations financières, compromis de vente, mise en compatibilité du plan local d’urbanisme. À chaque fois, Florence Sanchez était présente. À chaque fois, elle a participé aux débats. À chaque fois, elle a pris part aux votes. Sans déport. Sans déclaration préalable. Sans signalement du lien familial désormais reconnu.
Il ne s’agit ni de diffamation ni d’insinuation. Le lien a été reconnu publiquement par l’intéressée. Le débat porte exclusivement sur la méthode, sur la prévention du risque de conflit d’intérêts, et sur la transparence attendue d’une élue en place. Un débat d’autant plus légitime que la commune de Poussan figure parmi les pires élèves en matière de transparence. C’est la commune qui oppose le plus régulièrement des silences, voire des refus, aux demandes de communication de documents administratifs formulées par notre rédaction.
La communication du 20 décembre tente de refermer le dossier à elle seule. Elle affirme que tout est clair, que tout est sain, que tout est intègre. Mais la clarté ne se proclame pas une fois la polémique installée. Elle se construit en amont. Elle s’organise. Elle se documente. Cacher un lien, ne pas le déclarer, le dissimuler, puis dénoncer les questions comme infondées, ce n’est pas protéger la commune. C’est l’exposer durablement au soupçon.
Le lancement de la campagne municipale à Poussan s’ouvre donc sous le signe de la zone grise. Une zone confortable pour ceux qui gouvernent sans rendre de comptes, beaucoup moins pour une démocratie locale qui se voudrait exemplaire. Car les zones grises ne sont jamais anodines. Elles ne sont pas des malentendus, mais des choix. Et lorsqu’elles deviennent une méthode, elles finissent toujours par fragiliser la confiance. La question n’est désormais plus celle d’un lien familial, mais celle d’une manière de gouverner. Et c’est précisément là que les électeurs et l’opposition sont en droit d’attendre autre chose qu’une clarification tardive.
TÉLÉCHARGER L’APPLICATION LE SINGULIER > ICI <
-
SèteEn Ligne 1 moisSète : Laura Seguin fait carton plein à son meeting, la dynamique de victoire est lancée
-
SèteEn Ligne 4 semainesSète : Sébastien Denaja dévoile ses mesures pour la sécurité et la tranquillité publique
-
SèteEn Ligne 1 moisSète : Sébastien Pacull propose de transformer le Casino en pôle santé
-
GigeanEn Ligne 4 semainesGigean : Marcel Stoecklin, à défaut de projet, le soupçon comme programme
-
Balaruc-le-VieuxEn Ligne 2 semainesBalaruc-le-Vieux : Aurélien Évangélisti, le candidat qui fait payer la commune pour se défendre
-
FrontignanEn Ligne 1 moisFrontignan : Thibaut Cléret Villagordo inaugure sa permanence et précise les axes de son projet municipal
-
Balaruc-le-VieuxEn Ligne 1 moisBalaruc-le-Vieux : José Llinares officialise sa candidature et dévoile un programme en 12 engagements
-
Balaruc-le-VieuxEn Ligne 3 semainesBalaruc-le-Vieux : Fabienne Battinelli présente sa candidature et son projet communal
Luc
5 janvier 2026 at 20 h 46 min
Enfin …
Je suis sans voix bravo le singulier
Marielle
5 janvier 2026 at 20 h 54 min
De retour le singulier ? Super merci beaucoup