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Pédocriminalité : une victime de Le Scouarnec interpelle l’Élysée sur l’urgence d’agir

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Le verdict est tombé, mais le combat continue. Une survivante du chirurgien condamné adresse un message poignant au chef de l’État, dénonçant les lacunes de la lutte contre les violences pédocriminelles.

La justice a rendu son verdict dans l’affaire Joël Le Scouarnec, condamnant l’ancien chirurgien à vingt années de réclusion pour des viols et agressions sexuelles commis sur près de trois cents mineurs. Ce procès historique, marqué par sa faible couverture médiatique et la difficulté des victimes à se faire entendre, a révélé des failles systémiques dans la prise en charge des crimes pédosexuels.

Parmi les survivantes, Céline Mahuteau a choisi de briser le silence en écrivant directement au président de la République. Dans une lettre rendue publique, elle dénonce l’absence de stratégie nationale pour prévenir la pédophilie et s’élève contre la prescription des délais, actuellement fixée à trois décennies. Elle plaide pour son abolition, arguant que ces crimes laissent des séquelles à vie. La quadragénaire pointe également l’inefficacité des dispositifs existants, comme le numéro vert dédié, méconnu du grand public. « Aucune action concrète ne permet de lutter contre la récidive », assène-t-elle, concluant par un appel poignant : « Je vous parle en adulte, mais c’est l’enfant que j’étais qui vous supplie d’agir. »

Parallèlement, les associations d’aide aux victimes ont exprimé leur frustration face à l’absence de peine de sûreté dans le verdict. Bien que la condamnation ait été saluée, l’omission de cette mesure – qui aurait pu conduire à un placement post-peine – a suscité l’indignation. Les représentants de La Voix de l’Enfant ont fustigé l’argument de la « réparation » avancé par la cour, rappelant les déclarations troublantes de l’accusé durant le procès. « Entendre parler de rédemption quand on connaît l’horreur des faits, c’est insupportable », a lancé leur présidente, évoquant une « colère » partagée par de nombreuses familles touchées.

Ce dossier relance le débat sur la nécessité de réformer en profondeur le système judiciaire face aux crimes sexuels impliquant des mineurs, entre reconnaissance des souffrances et prévention des récidives.

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