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Paris: évacuation sous tension des jeunes migrants occupant la Gaîté lyrique
La Gaîté lyrique évacuée dans un climat tendu : des centaines de jeunes migrants expulsés après trois mois d’occupation
L’évacuation forcée de la Gaîté lyrique, lieu culturel parisien occupé depuis décembre par près de 450 jeunes migrants, s’est déroulée dans un contexte houleux. Les forces de l’ordre ont dispersé les manifestants et procédé à l’expulsion des occupants, suscitant des critiques et des tensions politiques.
Mardi matin, aux alentours de 6 heures, les forces de l’ordre ont lancé une opération d’évacuation dans le 3e arrondissement de Paris. Les CRS et les gendarmes mobiles ont dû faire face à une résistance organisée par des militants et des soutiens des jeunes migrants, principalement originaires d’Afrique subsaharienne. Les scènes de tension ont été marquées par des gaz lacrymogènes, des coups de matraque et des cris de protestation. Selon des témoins, plusieurs personnes ont été blessées dans la confusion, notamment lors d’un mouvement de foule.
Vers 8h30, les autorités ont annoncé la fin de l’opération, permettant la restitution de la salle de spectacle à ses gestionnaires. Cependant, les abords du bâtiment sont restés sous tension, avec des manifestants tentant de bloquer l’accès. Les jeunes migrants, munis de leurs affaires personnelles, ont été pris en charge par des agents de la préfecture d’Île-de-France, chargés de leur proposer des solutions d’hébergement. Malgré ces offres, beaucoup ont refusé, influencés par les collectifs militants présents sur place.
La décision d’évacuer la Gaîté lyrique avait été prise par le préfet de police Laurent Nuñez, invoquant un « trouble à l’ordre public ». Depuis le 10 décembre, ce lieu culturel, propriété de la Ville de Paris, était occupé par des jeunes migrants réclamant un hébergement et une reconnaissance de leur statut de mineurs. La situation avait conduit à l’annulation de la programmation culturelle du site, fermé au public depuis mi-décembre. Les salariés avaient même exercé leur droit de retrait fin février, dénonçant les conditions de travail et les risques encourus.
La maire de Paris, Anne Hidalgo, a confirmé que des places d’hébergement avaient été proposées, mais a souligné les refus répétés des jeunes migrants. Elle a également critiqué l’inaction de l’État, compétent en matière d’hébergement d’urgence. De son côté, la députée Danielle Simonnet a dénoncé une intervention « extrêmement violente », reflétant les clivages politiques autour de cette question migratoire.
Cette occupation avait pris une dimension symbolique, cristallisant les tensions entre les défenseurs des droits des migrants et les opposants à leur accueil. L’intervention des forces de l’ordre a relancé le débat sur la gestion des flux migratoires en France, tandis que des voix internationales, comme celle d’Elon Musk, s’étaient déjà exprimées pour critiquer la situation. La banderole noire accrochée à la façade du bâtiment, « 400 vies en danger, 80 emplois menacés », rappelait l’impact de cette crise sur le lieu culturel et ses travailleurs.
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