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Culture

Moscou transforme un lieu de mémoire des répressions soviétiques

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La mairie de la capitale russe a annoncé la fermeture définitive du Musée de l’histoire du Goulag. Ses collections vont être démantelées pour laisser place à un établissement dédié aux crimes perpétrés par l’Allemagne nazie contre le peuple soviétique.

L’institution muséale consacrée au système concentrationnaire soviétique ne rouvrira pas ses portes. Les autorités municipales ont officialisé sa fermeture permanente, précisant que le bâtiment accueillera prochainement une nouvelle exposition permanente. Celle-ci sera entièrement dédiée à la mémoire des victimes du nazisme durant le conflit germano-soviétique, désigné localement sous le nom de Grande Guerre patriotique.

Selon le communiqué du département de la Culture, cette refonte s’inscrit dans un cadre plus large de formation historique et d’éducation patriotique destinée aux jeunes générations. Le futur musée, qui doit être inauguré dans le courant de l’année, ambitionne de retracer l’ensemble des crimes commis par les forces hitlériennes. L’annonce intervient alors que la mémoire de la victoire sur le Troisième Reich occupe une place centrale dans le discours officiel, souvent mobilisée pour justifier les actions militaires actuelles.

Fondé au début des années 2000 grâce à l’impulsion d’un historien lui-même ancien détenu, le musée fermé était devenu un lieu de référence. Il abritait une collection d’archives et d’effets personnels liés aux victimes des camps, couvrant la période allant de la révolution à la déstalinisation. Des sources internes à l’institution ont exprimé leur vive inquiétude quant à la préservation de ce patrimoine, affirmant que le personnel tentait par tous les moyens d’en assurer la sauvegarde. La collection, propriété de l’État fédéral, est théoriquement protégée par des règles de conservation strictes.

L’établissement avait été fermé administrativement à l’automne 2024 pour des raisons de sécurité, sans jamais reprendre ses activités. Durant ses neuf derniers mois d’ouverture, il avait accueilli plusieurs dizaines de milliers de visiteurs. Cette disparition laisse un vide, celui-ci étant le principal musée public du pays entièrement consacré à cette page sombre de l’histoire nationale.

La fermeture s’inscrit dans un contexte où la narration historique officielle tend à marginaliser l’étude des répressions politiques de l’ère soviétique, tout en mettant en avant le rôle du dirigeant de l’époque dans la défaite du nazisme. Les organisations cherchant à documenter ces périodes, comme l’association Memorial dissoute il y a trois ans, font face à une pression constante des autorités.

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