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Massacre dans une maternité au Darfour, l’OMS exige un arrêt des hostilités

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L’Organisation mondiale de la santé a dénoncé la mort de plus de 460 personnes dans un établissement de soins maternels à El-Facher, alors que les violences se poursuivent dans cette région de l’ouest du Soudan.

L’Organisation mondiale de la santé a appelé à un cessez-le-feu immédiat au Soudan après avoir reçu des informations confirmant l’assassinat de plusieurs centaines de patients et d’accompagnateurs dans un hôpital spécialisé en soins maternels à El-Facher. Les autorités soudanaises ont imputé ces actes aux Forces de soutien rapide, qu’elles accusent également d’avoir pris pour cible des lieux de culte et des volontaires du Croissant-Rouge dans cette localité stratégique du Darfour.

Des analyses d’images satellitaires réalisées par un laboratoire universitaire indépendant semblent confirmer que des exécutions ont eu lieu à proximité de plusieurs établissements de santé, dont l’hôpital saoudien, dans les quarante-huit heures suivant la prise de contrôle de la ville. Les mêmes sources font état de tueries organisées sur les ouvrages défensifs situés à l’est d’El-Facher.

La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a exprimé sa consternation après la mort de cinq de ses volontaires dans une autre localité du Kordofan-Nord. L’organisation humanitaire a souligné l’impossibilité actuelle de vérifier de manière indépendante l’ensemble des allégations en raison de l’interruption des communications et du blocage des accès à la région.

Plus de trente-trois mille personnes ont fui les combats ces derniers jours, rejoignant pour la plupart les environs d’El-Facher ou la ville de Tawila, qui abritait déjà plusieurs centaines de milliers de déplacés avant ces événements. Les images montrant ces populations en mouvement illustrent les conditions précaires de leur exode, certains blessés devant être transportés dans des situations extrêmement difficiles.

La chute d’El-Facher permet désormais aux Forces de soutien rapide d’étendre leur emprise sur l’ensemble du Darfour, une vaste région représentant environ un tiers du territoire soudanais. Plusieurs observateurs internationaux ont évoqué les risques de reproduction des violences ethniques qui avaient marqué cette zone au début des années 2000, certaines milices actuelles étant issues des groupes armés de cette période.

Les tentatives de médiation menées par un groupe de pays incluant les États-Unis et l’Arabie saoudite n’ont pour l’heure pas abouti. Les discussions butent notamment sur le refus des autorités en place d’envisager leur exclusion du processus de transition politique après le conflit. Cette impasse diplomatique laisse craindre une prolongation des affrontements et une aggravation de la situation humanitaire.

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