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Manœuvres militaires iraniennes à l’aube de pourparlers avec Washington

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_**Téhéran déploie ses forces dans le détroit d’Ormuz tandis que des discussions cruciales sur le nucléaire s’ouvrent en Suisse.**_

L’Iran a engagé lundi une série d’exercices militaires dans le golfe Persique et la mer d’Oman. Ces manœuvres, supervisées par les Gardiens de la Révolution, visent explicitement à préparer les forces iraniennes à des scénarios de crise dans le détroit d’Ormuz, un point de passage stratégique pour le pétrole mondial. Cette démonstration de force intervient à la veille de la reprise, mardi à Genève, de discussions indirectes avec les États-Unis.

Les pourparlers, facilités par le sultanat d’Oman, constituent une tentative pour éviter une escalade militaire. Ils font suite à un premier round de discussions tenu à Mascate début février. La veille des négociations, le ministre iranien des Affaires étrangères par intérim, Abbas Araghchi, a rencontré à Genève le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, pour un échange technique. M. Araghchi a par ailleurs affirmé sur les réseaux sociaux que son pays abordait les discussions avec de « vraies idées » pour un accord équitable, excluant toute soumission aux pressions.

La position américaine reste ferme. Un émissaire spécial et un conseiller senior de la Maison Blanche sont attendus à Genève. L’administration américaine a récemment déployé une force navale substantielle dans le golfe Persique, renforçant ainsi sa posture dans la région. Washington, à l’instar d’Israël et de plusieurs capitales occidentales, exige que les discussions ne se limitent pas au seul dossier nucléaire mais incluent également le programme de missiles balistiques de Téhéran et son soutien à des groupes armés dans la région.

De son côté, l’Iran affirme ne vouloir négocier que sur les questions nucléaires. Des responsables iraniens ont laissé entendre une possible flexibilité sur le stock d’uranium enrichi en échange d’un allègement substantiel des sanctions économiques. Le programme nucléaire iranien, que Téhéran présente comme strictement civil, reste au cœur des tensions. Les inspections de l’AIEA sur certains sites se heurtent toujours à des blocages, dans un contexte marqué par des frappes aériennes sur des installations iraniennes l’an dernier.

Cette reprise du dialogue se déroule dans un climat de fortes tensions internes en Iran, où des manifestations ont récemment eu lieu, et sur fond de menaces américaines répétées. L’issue des pourparlers de Genève est incertaine, chaque camp affichant des lignes rouges distinctes tout en explorant une issue diplomatique à la crise.

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