Économie
L’Union européenne acte la fin programmée du gaz russe
Les Vingt-Sept viennent d’adopter le principe d’une interdiction des importations de gaz naturel en provenance de Russie, marquant une avancée décisive dans leur stratégie de réduction de la dépendance énergétique.
Les États membres de l’Union européenne ont franchi une étape majeure dans leur politique énergétique en approuvant le principe d’une cessation des importations de gaz naturel russe d’ici à 2027. Cette décision, validée lors d’une réunion des ministres de l’Énergie, s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par Bruxelles pour limiter les ressources financières de Moscou. La mesure avait été initialement proposée au printemps par la Commission européenne et a recueilli un large soutien, malgré l’opposition exprimée par la Hongrie et la Slovaquie.
Ces deux pays, fortement tributaires des approvisionnements énergétiques russes, ont fait valoir leurs préoccupations quant à la sécurité de leur approvisionnement. Le ministre hongrois des Affaires étrangères a estimé que cette décision compromettait la stabilité énergétique de son pays. En dépit de ces réserves, la majorité des États membres ont soutenu l’initiative, considérant qu’elle contribuerait à affaiblir les capacités financières de la Russie dans le contexte du conflit en Ukraine.
Les importations de gaz russe, qui devraient encore représenter environ quinze milliards d’euros cette année, constituent une source de revenus significative pour Moscou. L’Union européenne s’efforce depuis 2022 de réduire sa dépendance à l’égard des hydrocarbures russes. Si les importations de pétrole ont pratiquement cessé, le gaz naturel représente encore près de vingt pour cent des approvisionnements totaux de l’UE en 2024, contre quarante-cinq pour cent en 2021.
La proposition actuelle fait suite à une initiative plus ambitieuse de la Commission visant à avancer l’échéance à 2026 pour le gaz naturel liquéfié. Parallèlement, le Parlement européen examine la possibilité d’interdire toutes les importations de gaz russe dès 2026, avec des exceptions limitées. Le dossier fera maintenant l’objet de négociations entre les États membres et le Parlement européen, le Danemark, qui assure la présidence tournante, espérant une adoption définitive avant la fin de l’année.
Cette orientation stratégique s’accompagne d’une diversification accrue des sources d’approvisionnement énergétique. Le ministre danois de l’Énergie a salué une décision historique qui modifiera en profondeur la politique énergétique du continent tout en privant Moscou de ressources financières substantielles.
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