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L’ultime acte d’un procès hors norme


_**Après trois mois d’audiences, le parquet s’apprête à déposer ses réquisitions dans l’affaire de l’anesthésiste de Besançon. La justice doit désormais trancher sur l’une des plus graves affaires sanitaires de ces dernières décennies.**_
La parole est désormais aux magistrats du parquet. Devant la cour d’assises du Doubs, l’heure est venue pour l’accusation de synthétiser une instruction longue de huit années et un procès de trois mois, afin de requérir une peine contre Frédéric Péchier. L’anesthésiste de 53 ans est jugé pour trente cas d’empoisonnements présumés, douze d’entre eux ayant entraîné le décès des patients. Il conteste fermement toute implication.
Les débats, marqués par la complexité technique des expertises et l’émotion des témoignages, ont précédé des plaidoiries durant lesquelles les avocats des parties civiles ont longuement évoqué la souffrance des familles et le traumatisme profond des équipes soignantes. Les deux avocates générales, Christine de Curraize et Thérèse Brunisso, disposent de deux jours pour convaincre les six jurés et les trois magistrats professionnels de la culpabilité du prévenu.
Un point fait consensus dans le prétoire. Toutes les parties reconnaissent qu’un empoisonneur a bien agi au sein de la clinique Saint-Vincent de Besançon entre 2008 et 2017. L’accusé lui-même a fini par admettre, contrairement à ses premières déclarations, que douze des trente incidents judiciairement retenus étaient des intoxications volontaires, dont cinq mortelles. Il persiste cependant à affirmer que l’auteur de ces actes est un autre que lui.
L’accusation a bâti son raisonnement sur un mobile. Selon elle, Frédéric Péchier aurait introduit diverses substances, telles que du potassium ou des anesthésiques locaux, dans des poches de perfusion pour provoquer des arrêts cardiaques chez des patients confiés à des confrères. L’objectif aurait été de nuire à la réputation de ces derniers. Une théorie que la défense juge fragile, estimant que les motifs invoqués, présentés comme des vengeances professionnelles futiles, ne résistent pas à l’examen.
Face aux questions des magistrats, l’intéressé a maintenu une ligne de défense constante, alternant entre des réponses techniques et des moments de silence qu’il a justifiés comme une protestation contre le déroulement des audiences. Une attitude qualifiée de méprisante par l’une des procureures. Tout au long du procès, l’homme, issu d’une famille de soignants et soutenu par une équipe de défense familiale, a répété l’absence de preuve matérielle le reliant directement aux faits.
Les réquisitions du parquet marqueront l’entrée dans la phase finale de ce procès. La défense, menée par Maître Randall Schwerdorffer, plaidera ensuite l’acquittement. La cour rendra son verdict avant la fin de la semaine.





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