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Louis Sarkozy et le RN se disputent Menton, une ville en quête de renouveau

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_**Le plus jeune fils de l’ancien président affronte la députée d’extrême droite dans une cité azuréenne fragilisée par des années de gestion contestée et de divisions politiques.**_

À Menton, l’élection municipale de 2026 s’annonce comme un duel singulier. D’un côté, Louis Sarkozy, fils de l’ancien chef de l’État, tente à 28 ans de s’implanter dans cette commune frontalière. De l’autre, la députée du Rassemblement National Alexandra Masson, figure locale bien établie, part favorite. La ville, longtemps dirigée par la droite classique, traverse une période de turbulences depuis la disparition soudaine de son ancien maire, Jean-Claude Guibal, en 2021.

L’héritage de cette longue mandature est aujourd’hui lourd. Les projets d’envergure, comme la réouverture des musées ou l’achèvement d’un hôtel de luxe, sont au point mort. L’actualité judiciaire assombrit également le paysage, avec le maire sortant, Yves Juhel, devant répondre prochainement de détournement de fonds publics. Ces difficultés, ajoutées à des préoccupations locales comme la pression migratoire à la frontière italienne, ont créé un terreau propice au changement.

Louis Sarkozy mise sur une image de renouveau générationnel. Lors de ses déplacements, il est souvent entouré d’une équipe jeune et séduit une partie des nouveaux résidents, attirés par les emplois de la principauté voisine de Monaco. Son nom ouvre des portes, mais son profil – celui d’un chroniqueur médiatique ayant grandi aux États-Unis – suscite aussi des réticences chez certains électeurs, qui le perçoivent comme un candidat parachuté.

Face à lui, Alexandra Masson incarne une ancrage territorial plus traditionnel. L’élue, ancienne militante Les Républicains, connaît intimement le terrain et cultie un réseau solide. Son score de 35% dans la ville lors des dernières législatives, bien qu’en progression, montre que la conquête de la mairie n’est pas acquise. Elle promet de restaurer une gestion rigoureuse pour cette ville qu’elle qualifie de « petit bijou ».

La droite locale, quant à elle, apparaît profondément divisée. Les héritiers de l’ancien édile Jean-Claude Guibal se sont déchirés, et certaines figures, comme l’ex-première adjointe Sandra Paire, sont empêchées de se présenter par des condamnations judiciaires. Louis Sarkozy a malgré tout obtenu l’investiture officielle de Les Républicains, un soutien qui ne suffira peut-être pas à unifier une famille politique éclatée.

Le programme du jeune candidat, marqué par des propositions iconoclastes sur la légalisation des drogues ou une refonte du code de la route, tranche avec le discours plus classique de sa rivale. Admirateur de figures controversées comme Javier Milei, il aura par ailleurs du mal à rallier les voix du centre et de la gauche dans une hypothétique union contre le RN, d’autant que son propre père s’est récemment déclaré opposé à tout « front républicain ». La bataille pour Menton dépasse ainsi le simple cadre municipal et devient le reflet des recompositions et des fractures qui traversent la droite française.

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