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Économie

Loi Duplomb : un texte agricole polémique sur le point d’être adopté

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Après des semaines de débats houleux, le Parlement s’apprête à valider cette proposition controversée, malgré les vives critiques des écologistes et d’une partie de la gauche.

Le projet de loi porté par les sénateurs Duplomb et Menonville arrive en phase finale d’adoption à l’Assemblée nationale, après avoir suscité de vifs désaccords. Présenté comme une réponse aux difficultés des agriculteurs, ce texte vise à alléger certaines contraintes réglementaires, mais une mesure en particulier a cristallisé les tensions : la réintroduction temporaire d’un pesticide de la famille des néonicotinoïdes, l’acétamipride, interdit en France mais toujours autorisé dans d’autres pays européens.

Les défenseurs du texte, notamment le syndicat majoritaire FNSEA, y voient une nécessité pour protéger certaines cultures comme les betteraves ou les noisetiers, confrontées à des ravageurs contre lesquels il n’existerait pas d’alternative efficace. À l’inverse, les apiculteurs et les écologistes dénoncent un produit dangereux pour les abeilles et potentiellement nocif pour la santé humaine, faute d’études suffisantes. Le compromis adopté en commission mixte paritaire prévoit un réexamen régulier des autorisations, mais les opposants jugent ces garde-fous insuffisants.

Au-delà des pesticides, la loi comprend d’autres dispositions contestées, comme des facilités pour le stockage de l’eau ou l’extension des bâtiments d’élevage intensif. Ces mesures sont perçues par leurs détracteurs comme un recul environnemental, tandis que le gouvernement et la majorité parlementaire les présentent comme un équilibre entre soutien aux agriculteurs et respect des normes.

Face à l’imminence du vote, la gauche et les écologistes tentent une ultime manœuvre avec une motion de rejet, mais leur opposition devrait être minoritaire. Certains parlementaires envisagent déjà un recours devant le Conseil constitutionnel, arguant d’une violation des principes de précaution et de non-régression écologique. Quoi qu’il en soit, cette loi restera un symbole des tensions entre impératifs économiques et transition agroécologique.

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