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L’offensive numérique accompagne les combats dans l’Est ukrainien

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Alors que les affrontements se poursuivent autour de Pokrovsk, une campagne de désinformation exploitant l’intelligence artificielle inonde les réseaux sociaux pour soutenir le récit prorusse d’une armée ukrainienne en déroute.

Une multitude de vidéos synthétiques montrant des soldats ukrainiens supposés se rendant ou pleurant à l’approche du front ont submergé les plateformes numériques. Ces productions algorithmiques, accumulant des millions de vues, donnent une apparence humaine au discours qui présente les forces ukrainiennes comme démoralisées et vaincues. Leur diffusion coïncide avec la difficile situation défensive reconnue par les autorités ukrainiennes dans ce secteur stratégique.

Les incohérences techniques trahissent encore l’origine artificielle de ces contenus. On observe des anomalies physiques improbables, des éléments flottants ou des membres dissociés des corps, autant d’artefacts caractéristiques des générations par intelligence artificielle. Ces imperfections deviennent cependant de plus en plus subtiles au point d’échapper fréquemment à la détection visuelle.

Certaines séries de fausses vidéos empruntent même l’identité de personnalités russes, dont des streamers reconnaissables, pour renforcer leur crédibilité. L’un d’eux, dont le visage a été illicitement utilisé, a publiquement dénoncé cette manipulation au service de la propagande du Kremlin.

Les experts observent que cette méthode s’inscrit dans une stratégie plus large visant à personnifier la désinformation. En créant des personnages fictifs mais plausibles, ces productions cherchent à éroder le moral en Ukraine tout en influençant l’opinion internationale. Leur message sous-jacent affirme l’inévitabilité d’une victoire russe et tente de justifier l’avancée militaire sur le terrain.

Malgré les suppressions opérées par certaines plateformes, ces vidéos continuent de circuler sur de multiples réseaux sociaux et sites d’information, dans diverses langues européennes. Leur persistance démontre les défis posés par la rapidité de diffusion face aux mécanismes de modération.

L’étude des réponses de chatbots populaires révèle également leur instrumentalisation, près d’un cinquième des réponses citant des sources liées aux autorités russes. Cette évolution technologique accroît l’efficacité des campagnes de désinformation traditionnelles en leur donnant une apparence d’humanité et d’authenticité.

La répétition systématique de ces contenus fabriqués finit par modifier les perceptions, selon les chercheurs spécialisés. Face à cette guerre informationnelle qui progresse plus vite que les contre-mesures, la frontière entre réalité et manipulation devient chaque jour plus ténue.

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